Rapports Développement durable : « On peut regretter une forme d’angélisme »

Le 19 novembre 2010 par Sabine Casalonga
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A l’occasion de la publication d’une analyse des rapports « Développement durable » 2009-2010 de 40 entreprises, Isabelle Boudard, chargée de mission « Economie responsable » au Comité 21 – un réseau de plus de 400 adhérents, collectivités territoriales, entreprises et associations, engagés pour le développement durable - nous livre ses principaux enseignements.

 

Quel est l’objectif de cette étude annuelle ?

Il s’agit d’offrir un aperçu des grandes tendances sur les stratégies de développement durable (DD) des entreprises, à travers l’analyse des rapports Développement durable réalisés par 40 membres du Comité 21. Cela permet aussi d’évaluer les progrès réalisés par une société d’une année sur l’autre. En revanche, la comparaison des entreprises entre elles est plus difficile en raison de la variabilité des indicateurs mesurés et de leur périmètre. C’est aussi une manière d’identifier les pratiques les plus innovantes en matière de Responsabilité sociale et environnementale (RSE).

Un des faits marquants de cette année est l’impact de la crise. Est-il positif ou négatif ?

Plusieurs dirigeants font référence dans leur discours introductif à des changements de priorité ou à un recentrage sur le cœur de leur activité du fait de la crise. Son impact réel est donc difficile à mesurer, même si le DD est réaffirmé comme une priorité. Dans le secteur bancaire, toutefois, les investissements socialement responsables et les microcrédits se multiplient.

Quels sont les autres nouveautés par rapport à 2008-2009 ?

Une attention particulière est portée aux collaborateurs de l’entreprise. L’accent est mis sur le stress au travail et les risques psychosociaux, probablement lié aux récentes crises sociales chez Renault et France Télécom [suite à la vague de suicides durant l’été 2009, ndlr]. Le développement des partenariats interentreprises sur des thèmes environnementaux, comme le recyclage, traduit également une avancée positive.

La biodiversité est-elle désormais mieux prise en compte ?

Difficile à dire, mais en tout cas, cette année internationale de la biodiversité se traduit par de nombreuses évocations de ce thème, notamment des partenariats avec des ONG ou associations expertes sur la thématique, comme l’UICN, Noé Conservation, ou le WWF. Lafarge met ainsi en avant la réhabilitation des carrières, Vinci un projet « d’éco-autoroute » (avec l’aménagement de passages pour la faune) et Voies navigables de France (VNF) des passages pour les poissons.

Quelles sont les limites de l’exercice ?

On peut regretter une forme d’angélisme, comme le précise un de nos experts, Fabrice Mauléon de l’Ecole supérieure de commerce et de management (ESCEM). Les rapports ne présentent pas les difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre des projets et n’expliquent pas vraiment comment la crise a pesé sur eux. C’est dommage, car il est intéressant d’apprendre de ses erreurs. Au final, cela reste un exercice de communication louable en ce sens. En effet, la publication des rapports est devenu un rendez-vous annuel attendu par de nombreux experts. On pourrait aujourd’hui imaginer que la forme du rapport évolue et facilite un meilleur échange avec les parties prenantes (syndicats, ONG, clients, fournisseurs, Etats et collectivités territoriales) : utilisation de réseaux sociaux, par exemple, comme nouveaux supports de diffusion et de concertation.

Quels changements va introduire la loi Grenelle II ?

La loi prévoit une certification du contenu des rapports DD par des organismes tiers indépendants et selon des modalités qui doivent encore être définies par les décrets d’application à venir.

 



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