Ragondins: les pièges noyants bientôt interdits

Le 08 janvier 2019 par Romain Loury
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Le ragondin, espèce invasive
Le ragondin, espèce invasive

Le gouvernement prévoit d’interdire les pièges noyants, encore utilisés contre le ragondin et le rat musqué dans trois départements, selon un projet d’arrêté mis en consultation lundi 7 janvier pour trois semaines. Une demande de plusieurs associations de protection animale, qui dénonçaient la cruauté de ces dispositifs.

Avec ces pièges, les ragondins et les rats musqués, deux espèces ‘susceptibles d’occasionner des dégâts’ (nouveau terme pour ‘nuisibles’, depuis la loi biodiversité de 2016), se retrouvent emprisonnés dans une cage immergée, où ils se noient. Ils ne sont plus utilisés que dans le Calvados, en Seine-Maritime et dans la Mayenne.

Sans succès, un arrêté proposant leur suppression avait déjà été soumis en mai 2014 à l’avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. «Aujourd’hui, la prise en compte de la souffrance animale est de plus en plus requise. De nombreuses associations environnementales et de protection animale ont par ailleurs fait part de leur très vive opposition à ce type de piégeage», indique le ministère de la transition écologique.

Des pièges déclenchés par pression

Selon lui, «la pratique de piège par noyade ne peut être poursuivie aujourd’hui, alors que d’autres moyens existent et permettent d’éviter cette souffrance». Parmi les méthodes pouvant être utilisées -recensées dans un arrêté d’août 1988-, figurent celles déclenchées par pression, avec un système de détente tuant l’animal en lui brisant la nuque, tels que les pièges dits ‘livre de messe’ ou les pièges ‘en X’.

D’autres espèces ‘susceptibles d’occasionner des dégâts’, par ailleurs invasives, font l’objet d’un piégeage, par exemple le vison d’Amérique: dans ce cas, le principal inconvénient réside dans le fait que les visons d’Europe, en danger critique d’extinction, s’y trouvent aussi fréquemment piégés.

Egalement en consultation, un arrêté visant à étendre jusqu’au 28 février (au lieu 31 janvier) la période de chasse de l’oie cendrée, dans un cadre non récréationnel, fait débat. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui est parvenue à annuler plusieurs tentatives précédentes, se prépare à déposer une demande de référé suspensif devant le Conseil d’Etat. Réfutant l’idée de dégâts agricoles occasionnés par les oies cendrées -motif invoqué par l’Etat-, l’association juge qu’«une telle décision serait un recul considérable dans la gestion des espèces chassables et dans le développement d’une chasse raisonnée et durable qui est de l’intérêt de tous».


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