Raffinerie Total de Donges: retour d’expérience sur la pollution de mars

Le 19 septembre 2008 par Agnès Ginestet
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photo Donges
photo Donges

Les canalisations vieillissantes de tous les sites pétroliers français sont inspectées pour éviter de nouvelles fuites d’hydrocarbures. A Donges, l’incertitude demeure quant au réel impact écologique du déversement de fioul lourd.

Six mois après le déversement de 478 tonnes de fioul lourd lié à la corrosion d’une canalisation, la secrétaire d’Etat chargée de l’environnement Nathalie Kosciusko-Morizet s’est rendue à la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique). «C’est un accident qui a ému, et il existe par ailleurs une inquiétude concernant l’ensemble du réseau de canalisations des sites pétroliers français», a-t-elle déclaré, précisant qu’en l’espace de 18 mois, deux autres sites pétroliers avaient également connu une fuite d’hydrocarbures.

Afin d’éviter tout nouvel accident comme celui de Donges qui a fortement touché la vaste zone humide que constitue l’estuaire de la Loire, le ministère chargé de l’environnement avait publié en avril une circulaire adressée aux préfets (1) sur le suivi des canalisations vieillissantes des 13 sites pétroliers français, qui prolonge l’inspection des fonds de bacs d’hydrocarbures déjà prévue pour 2008. 200 inspections menées par les services de l’Etat sont en cours. «On demande également aux entreprises d’avoir un programme de surveillance de l’état des canalisations», ajoute Laurent Michel, directeur général de la prévention des risques au ministère chargé de l’environnement.

A Donges, Total a mis en place une surveillance humaine permanente le long de la Loire afin de prévenir une nouvelle fuite, et des caméras de surveillance seront installées d’ici la fin 2008 pour surveiller les quelque 30.000 kilomètres de canalisations. La construction de bacs de rétention complémentaires en bord de Loire est prévue, ainsi qu’un plan d’inspection qui impliquera 100 personnes à temps plein pendant trois ans. «Total n’a fait que s’aligner sur les exigences du préfet», précise toutefois Hervé Le Strat, de l’association Bretagne vivante qui gère près de 100 espaces naturels protégés.

Concernant l’impact écologique, une cellule d’évaluation environnementale de la pollution (CEEP) rassemblant services de l’Etat, experts et associations, a été mise en place le 19 mars. «Il s’agissait de produire des recommandations pour les opérations de dépollution, et de prescrire à Total les études à lancer pour l’évaluation environnementale de la pollution», explique Hubert Ferry-Wilczek, directeur régional de l’environnement des Pays de la Loire. Seul problème: 5 mois ont été nécessaires à la rédaction du document final, et les premières études débuteront donc beaucoup trop tard après l’accident de mars. Mais selon Hubert Ferry-Wilczek, le protocole élaboré pourra permettre à l’avenir une gestion intégrée de l’estuaire de la Loire, l’un des maillons manquants à l’évaluation étant la définition d’un état de référence de l’environnement dans cette zone géographique . La nécessité de créer un observatoire rassemblant des données sur cet état de référence a été soulignée par le président du conseil régional Pays de la Loire Jacques Auxiette, ainsi que différents acteurs du monde associatif et de la recherche. Benoît Bonnel, président du collectif anti marée noire, a d’ailleurs rappelé qu’au lendemain de la pollution liée à l’Erika en 1999, un observatoire des marées noires avait été créé avec le soutien de Dominique Voynet alors ministre chargée de l’environnement, mais qu’«il n’avait vécu que deux ans faute de moyens».

(1) Circulaire du 16 avril 2008 sur le suivi de l’état des canalisations d’hydrocarbures des sites pétroliers


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