Radon: «un enjeu majeur de santé publique en France»

Le 15 mai 2007 par Claire Avignon
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radon 4
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Par une série d’articles scientifiques, l’Institut de veille sanitaire (InVS) tente d’éveiller l’intérêt sur le radon. Malgré son caractère cancérogène avéré, la France a des difficultés à installer une véritable politique de diminution des risques liés à ce gaz.

L'InVS consacre son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) au radon. Chaque année, ce gaz radioactif relativement peu connu est à l'origine de 1.234 à 2.913 décès par cancer du poumon en France. Présent naturellement dans le sol de certaines régions (Auvergne, Bretagne, et Corse notamment), il constitue le deuxième facteur de risque pour ce type de cancer, mais largement derrière le tabac (environ 21.000 décès par an). Les recherches scientifiques ont également démontré qu'il existe une augmentation linéaire du risque de cancer du poumon de 16% pour un accroissement de 100 becquerels par mètre cube (Bq/m3).

Malgré l'existence de ces données scientifiques, les pouvoirs publics français agissent peu. Le radon a bien été inclus dans le Plan national santé-environnement (action 17). Mais concrètement, très peu de mesures sont mises en place pour réduire l'exposition de la population française. L'administration tente depuis la fin des années 1990 d'intervenir dans les établissements accueillant du public (1), particulièrement les écoles, mais pas dans les habitations dans lesquelles les personnes sont tout autant exposées au radon. Selon les auteurs du BEH, cette situation représente un «défi» pour les chercheurs, qu'ils n'ont pas encore relevé: «Communiquer ces informations [scientifiques] à tous les acteurs et aider les décideurs à réaliser des actions pertinentes à tous les niveaux.»

Pour cela, les scientifiques estiment qu'une partie du défi concerne le tabac puisqu'une grande partie des cancers du poumon associés au radon touchent les fumeurs. Cependant, «le fait de minimiser le risque lié au radon constituerait un acte de négligence. Les mesures préventives et les actions correctives contre le radon doivent être menées de front avec la lutte contre le tabagisme afin d'obtenir les meilleurs résultats en matière de santé publique», préviennent dans l'éditorial Hajo Zeeb, professeur d'épidémiologie à l'université de Mainz (Allemagne) et Zhanat Caar, chercheur à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

A l'échelle internationale, les réglementations évoluent. L'OMS doit très prochainement publier de nouvelles lignes directrices. De son côté, le Canada diminue actuellement son niveau de référence pour le gaz radioactif de 800 Bq/m3 à 200 Bq/m3. 200 Bq/m3. C'est justement la valeur guide que la France avait prévu de fixer dès 1999 pour les bâtiments à construire. Mais pour le moment, aucun texte réglementaire n'est venu confirmer cette avancée. Pourtant, tous les scientifiques s'accordent désormais sur le fait que même une exposition inférieure à 200 Bq/m3 présente des risques pour la santé.



(1) circulaire conjointe DGS et DGUHC n°99/46 du 27 janvier 1999 relative à l'organisation de la gestion du risque lié au radon




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