Radon: Actions des pouvoirs publics

Le 02 novembre 2004 par Claire Avignon
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La circulaire du 27 janvier 1999 marque le début de la politique de l'Etat français de protection contre le radon  et porte sur l'organisation générale de la lutte contre le radon dans les bâtiments. La circulaire était ambitieuse, puisque tous les établissements recevant du public devaient procéder à des mesures de leur niveau de radon dans les 27 (puis 31) départements à risque, et devaient mettre en oeuvre des travaux en cas de concentrations supérieures à 400 Bq/m3. Après des années consacrées aux enregistrements des concentrations dans les lieux potentiellement dangereux, des actions commencent à être menées. Mais comme le souligne Christel Rougy, ingénieur sanitaire de la Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) qui relève des ministères de l'Industrie, de la Santé et de l'Ecologie, «il y a encore beaucoup de choses à faire.»

D'abord, les mesures jusqu'ici n'ont concerné que les établissements scolaires, sanitaires et sociaux, thermaux (mesure du radon dans l'eau qui provient des nappes phréatiques), et pénitentiaires. «On agit plus facilement sur ce type de bâtiments car les propriétaires ont des obligations en santé et sécurité, explique Christel Rougy. Pour les établissements et les logements privés, il est difficile de contraindre les gens à faire des relevés.» Les Directions départementales d'action sanitaire et sociale (Ddass) ont particulièrement insisté sur les mesures dans les écoles, et depuis 2000, les propriétaires des bâtiments exposés, principalement des mairies, commencent à réaliser des travaux. Le ministère de l'Intérieur a même débloqué en 1999 un dispositif d'aides de 4,5 millions d'euros pour 2000 et 2001 afin de participer au financement des travaux. Toutefois, les aides n'ont pas été totalement allouées. Les travaux peuvent avoir un poids financier important pour les communes. Par exemple, Limoges a dû procéder à des travaux de ventilation dans une école qui ont coûté 83.000 euros en 1999. «Nous savons que le problème du financement se pose, répond Christel Rougy. On essaie de sensibiliser les ministères. Mais cela se passera probablement comme d'habitude: les maires et les députés écriront aux ministères qui alors se réveilleront.»

Même quand les collectivités locales disposent des fonds nécessaires, elles ne savent pas toujours quelles actions mener. Les Directions départementales de l'équipement (DDE) sont tenues d'apporter une aide technique. Mais elles se sentent elles-mêmes dépassées: «On court après les informations, estime Vincent Renault, technicien supérieur principal à la DDE du Calvados. On se débrouille mais on ne sait pas toujours quoi faire.» Claudine Noyon, technicienne sanitaire de la Ddass du Finistère renchérit: «Les DDE manquent considérablement de moyens pour leur mission de formation des professionnels.» De plus, les entreprises compétentes pour les travaux s'avèrent peu nombreuses. Vincent Renault observe tout de même des changements: «Les bureaux d'étude sont demandeurs.» La société Parad, d'origine britannique, s'est implantée depuis peu. Et le programme européen Erricca 2 (European Research and Industry Collaboration Concerted Action), au travers du CSTB et de Parad, relaie de 2002 à 2005 les informations techniques, entre Européens, mais surtout entre industriels et chercheurs. Les 38 organismes associés au programme élaborent des techniques de diagnostics et de remédiation et sont à l'origine des campagnes nationales d'information et de sensibilisation.


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