Radiographie du TK Bremen

Le 22 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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L’association Robin des bois a publié, le 21 décembre, la fiche signalétique du cargo maltais qui s’est échoué sur la plage de Kerminihy, dans le Morbihan, et qui sera sans doute déconstruit sur place.

Jusqu’à présent, on connaissait sa longueur (109 mètres) et son pavillon (Malte). Robin des bois nous permet de rentrer dans les coursives du vraquier, qui a été construit en 1982 à Pusan, en Corée du Sud, par Dae Sun SB & E Co.

 
Le TK Bremen est en fait détenu par deux sociétés: l’armateur turc Adriyatik Gemilsletmeciligi et la société Blue Atlantic Shipping, basée à Malte. Cette dernière est seule responsable des dommages causés par le navire sur le littoral breton.
 
Au chapitre «déchets et matières dangereuses», le TK Bremen contient environ 200 tubes fluorescents, des dizaines d’appareils ménagers, des peintures contenant des polychlorobiphényles (PCB) et des métaux lourds, de l’amiante dans les calorifugeages, les joints, les mastics et les revêtements, des PCB dans les câbles et les linoleums, et pour finir, des batteries, des accumulateurs, des extincteurs et des eaux souillées par les hydrocarbures.
 
Au rayon des déficiences, la vingtaine d’inspections de ce cargo ont révélé des problèmes de structure et de stabilité. En mars 2006, les autorités du port russe de Novorossiysk ont d’ailleurs estimé que ces carences justifiaient une immobilisation. Elles ont identifié des problèmes en matière d’équipements de sauvetage et d’amarrage, et d’hébergement de l’équipage.
 
Dernière en date, l’inspection du 24 novembre 2011, effectuée à Nikolayev en Ukraine, a révélé 4 défaillances. Outre les carences dans l’équipement participant à la stabilité et à la structure du cargo, le système de prévention des accidents s’avère défectueux. L’observation de mauvaises conditions de vie et de travail à bord revient aussi de façon récurrente dans les rapports.
 
Robin des bois en conclut que ces défaillances auraient dû empêcher le départ du cargo, a fortiori au moment du passage de la tempête Joachim.
 
Ces éléments seront sans doute analysés par le parquet de Brest, qui a ouvert une enquête judiciaire pour déterminer la légitimité de la décision du capitaine de prendre la mer après le déclenchement de l’alerte orange (1).
 
(1)   L’alerte orange relève du système de vigilance météorologique national. Elle prévient l’arrivée imminente d’un phénomène important comme une tempête ou des vents violents. La couleur orange correspond au 3e niveau sur l’échelle de vigilance (le vert correspond au 1er niveau, le jaune au 2e et le rouge au 4e).


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