Radiofréquences: un lien entre cancer du cœur et du cerveau et téléphone portable

Le 30 mai 2016 par Marine Jobert
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Le lien entre cancer et RF se précise.
Le lien entre cancer et RF se précise.

Une «incidence faible» de gliome cérébral et de schwannome cardiaque -une tumeur très rare- chez des rats mâles ayant été exposés à haute dose à des radiofréquences utilisées par les téléphones mobiles (technologie GSM et CDMA, courantes aux Etats-Unis). Ce sont des résultats peu impressionnants sur le papier mais, rapportés aux milliards de personnes qui à travers le monde font un usage intensif du téléphone mobile, ils pourraient s’avérer fort inquiétants. Des chercheurs américains ont, dans le cadre du National Toxicology Program (NTP), exposé des rats à trois niveaux de rayonnements (1,5 watt par kilogramme, 3 W/kg et 6 W/kg). Des séances menées in utéro, puis pendant encore deux ans, 18 heures par jour par séries de 10 minutes et sur tout le corps des rongeurs. Un traitement de cheval qui a mis en lumière un lien de causalité entre l’exposition à ces radiofréquences et l’émergence de deux types de cancer.

Les femelles épargnées

Premier enseignement: l’incidence des deux cancers augmente globalement avec le niveau de rayonnement reçu par les rats. Avec, pour le schwannome, un effet dose-réponse proportionnel au niveau de rayonnement administré. «Il existe une confiance plus grande dans l’association entre radiofréquence et lésions au cœur qu’avec celles relevées dans le cerveau», notent d’ailleurs les chercheurs. Deuxième enseignement: les femelles, pourtant soumises au même traitement que les mâles, ne montrent aucun signe de cancer. Un phénomène que n’expliquent pas, à ce stade, les chercheurs.

Poursuivre la recherche

«Si le lien de causalité sort très renforcé de ces résultats, ceux-ci ne peuvent répondre à toutes les questions, tempère Jeanine Le Calvez, de l’association Priartem. On peut même les considérer comme une incitation à s'en poser de multiples telles que l’effet expositions in utero/exposition durant les deux années suivantes, par exemple. Ou encore, celle-ci: sur les ondes GSM, on n’observe pas d’effets dose pour les gliomes. Ceci peut-il signifier qu’il s’agirait plutôt d’un effet seuil, lequel serait inférieur à la dose minimale utilisée dans l’étude (1,5 W/kg)?»

Epidémiologie confirmée

Cette mise en lumière de l’augmentation des gliomes cérébraux n’est pas une première: plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence ce lien (ici ou ici ou ici). Contacté, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) n’exclut pas une nouvelle évaluation de son classement des radiofréquences en cancérigène possible (2B) en 2011 dans l’hypothèse «de données scientifiques qui évolueraient de façon significative». L’agence de l’Organisation mondiale de la santé préfère attendre la publication complète des résultats des recherches menées par le National Toxicology Program. Les scientifiques mobilisés, issus de plusieurs agences publiques américaines, devraient publier à l’automne 2017 d’autres résultats sur les souris. Reste que cette étude est d’une ampleur inégalée, menée sur plusieurs groupes de 90 animaux et un groupe témoin pour augmenter la puissance statistique du résultat. Elle aura coûté quelque 20 millions de dollars (18 M€).

 



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