Radiofréquences: le kit mains-libres, cet inconnu

Le 16 juin 2016 par Marine Jobert
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Ne pas tenir un enfant près d'un téléphone portable.
Ne pas tenir un enfant près d'un téléphone portable.
DR

Seulement un quart des utilisateurs de téléphone portable savent que le kit mains-libres sert à diminuer l’exposition aux radiofréquences. Les deux tiers ne s’en servent jamais. Et les enfants –un tiers ont un téléphone avant 12 ans- le négligent tout autant. Une étude de Familles rurales et de la Confédération syndicale des familles (CSF).

A quoi sert donc le kit mains-libres? Familles rurales et la CSF ont posé la question à quelque 6.700 personnes dans leurs réseaux (2.500 adultes et 4.200 enfants). Et leurs réponses sont stupéfiantes: 16% pensent qu’il sert à écouter de la musique ou à regarder une vidéo, 27% croient qu’il est proposé par les opérateurs pour pouvoir téléphoner en conduisant et un quart seulement citent la réduction de l’exposition aux radiofréquences pour justifier sa présence obligatoire dans la boîte. D’ailleurs, seule la moitié des personnes interrogées ont effectivement noté sa présence. Bref, le kit mains-libres souffre d’un grave déficit de notoriété et d’image et partant, d’usage.

Pas d’information

C’est pourtant la pierre angulaire de la (famélique) stratégie de l’Etat pour appliquer le principe de précaution à une technologie dont les effets sanitaires sont très mal connus encore. En 2009, le ‘Grenelle des ondes’ avait «accouché d’une campagne d’information destinée à informer les familles sur les bons usages du mobile, réalisée par l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) sur commande des ministères de la santé, de l’écologie et du numérique», rappellent les deux associations. Cruelles, elles estiment que seulement 1% des utilisateurs de téléphone portable l’ont effectivement vue: «autrement dit, elle est passée totalement inaperçue pour plus de 99% d’entre nous». Et la loi Abeille relative à la sobriété en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques adoptée en janvier 2015 n’y a rien fait: la campagne de sensibilisation qu’elle prévoyait n’a pas vu le jour.

Deux tiers sans kit

Conséquence: l’immense majorité des appelants collent toujours leur oreille au combiné. 68% des sondés ne se servent jamais de leur kit mains-libres, 20% rarement, 8% disent l’utiliser souvent et un tout petit 4% en usent systématiquement. Et les parents montrant le mauvais exemple, les enfants sont également de piètres utilisateurs du kit: 54% ne s’en servent jamais, 15% rarement, 5% souvent et 1% systématiquement. Un quart avouent ne pas savoir de quoi il s’agit.

6% avant 10 ans

Théoriquement, ces mauvais élèves devraient tous être âgés de plus de 14 ans, âge limite selon la communauté scientifique pour leur coller un téléphone. Le Code de la santé publique, sans en interdire la vente ou l’usage, prohibe toute publicité autour du portable à destination des enfants de moins de 14 ans. Sauf que 6% des enfants sont équipés avant 10 ans, 31% ont un téléphone avant 12 ans et 38% sont branchés avant 14 ans.

La faute à qui?

Et les fournisseurs de portable, dans tout ça? «Les opérateurs semblent soucieux de préserver la santé de leurs clients», notent les associations, puisqu’ils les incitent à s’exposer le moins possible aux radiofréquences. Ce faisant, «ils se prémunissent également contre le risque s’il venait à se produire. Les industriels pourraient, dans ce cas, aisément reprocher au consommateur de ne pas avoir respecté les recommandations émises, ce dernier n’aurait pas su utiliser son matériel, il ne pourrait alors ‘s’en prendre qu’à lui-même’.» C’est donc vers l’Etat que les associations se tournent, en lui demandant de financer une campagne d’information «digne de ce nom».

Réaction des familles

Elles enjoignent également aux opérateurs de s’employer à faire connaître les bons usages du téléphone autant qu’à déployer la 4G ou la fibre optique. «Sans leur reprocher de taire les bons usages recommandés, nous ne pouvons que regretter que cette information soit trop souvent relayée sur un site institutionnel (et non sur leurs sites commerciaux), ou perdue dans des conditions générales que personne ne lit.» Enfin, les familles sont appelées à réagir sur le risque que les adultes et les enfants courent en ignorant ainsi le kit mains-libres et la question de l’âge du premier portable.

 

 



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