Rachel Notley, la croqueuse du Big Oil de l’Alberta

Le 01 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Première ministre libérale de l'Alberta, Rachel Notley va taxer le carbone des pétroliers.
Première ministre libérale de l'Alberta, Rachel Notley va taxer le carbone des pétroliers.
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A 51 ans, Rachel Notley dirige l’une des pires provinces du Canada. La majorité des hydrocarbures canadiens sont issus du sous-sol de l’Alberta. La moitié de l’électricité régionale est produite par du charbon. Pourtant, la Première ministre Notley a réussi à instaurer une taxe carbone et à plafonner les émissions du secteur pétrolier. Un formidable retournement, salué par le nouveau Premier ministre fédéral, Justin Trudeau. Rencontre avec une politique prudente, mais audacieuse.

Comment s’est passée cette négociation?

Les résultats ont été le fruit d’une longue négociation, menée avec de nombreux experts, des économistes, des ONG environnementalistes et beaucoup d’études, ainsi qu’une forte implication du gouvernement. Il y a eu aussi de nombreuses discussions bilatérales entre ces parties prenantes. Mais nous avions affaire à des entrepreneurs progressistes, d’une certaine façon. Donc, les choses ont été à leur terme.

 

Des entrepreneurs progressistes?

Les producteurs d’hydrocarbures de l’Alberta ont bien compris le nouveau contexte international qui est le nôtre. Ils savent aussi qu’il existe des technologies qui leur permettent d’améliorer leurs performances environnementales, notamment lors de la production.

 

Justin Trudeau a de grandes ambitions climatiques. Comment peut-il inciter les provinces à progresser dans cette voie?

Le nouveau Premier ministre veut que les provinces améliorent leur politique climatique. Nous avons commencé le processus en juin, avant les dernières élections de septembre, qui ont amené Justin Trudeau au pouvoir. En outre, c’est aux provinces de se fixer leurs propres engagements. Par la suite, nous pourrons éventuellement les conjuguer pour améliorer les objectifs nationaux du Canada.

 

Coordonnez-vous les actions de l’Alberta avec celles des autres provinces?

Il y a des consultations, plus ou moins formelles. Mais chaque province décide de son propre destin. Notre programme a été présenté à nos voisins, mais uniquement en fin de parcours et avec une réception très positive de leur part.

 

Le 22 novembre, vous avez annoncé un ambitieux programme anti-carbone. L’Alberta va-t-elle rejoindre la WCI, le marché du carbone initié par la Californie?

La Californie, le Québec et l’Ontario ont couplé leurs marchés du carbone. Notre système n’est pas comparable, notamment parce que l’économie de notre province repose beaucoup sur l’industrie pétrolière.  

 

Vous avez fixé des contraintes carbone à l’industrie. Mais qu’en est-il pour les citoyens?

Elles sont indirectes. La taxation carbone frappera les carburants, les combustibles, l’électricité. Nous avons estimé que chaque ménage devra ainsi payer entre 400 et 500 dollars (376,6 à 470,7 euros) par an de taxes sur ses émissions. Mais cet argent sera réinjecté dans l’économie, par exemple pour améliorer l’efficacité énergétique des logements.

 

Votre pronostic pour la COP?

Honnêtement, je ne sais pas. J’espère que nous trouverons un accord.

 

 



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