R&D : l’Etat et l’industrie automobile mettent la gomme

Le 03 juillet 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
voiture
voiture
DR

Dans le cadre du plan de soutien à l’automobile annoncé fin mai par le Président de la République Emmanuel Macron, 27 projets vont se partager une enveloppe de 150 millions d’euros pour booster leur R&D.

 

Développer l’innovation et la recherche, c’était l’un des fers de lance brandi par Emmanuel Macron lors de la présentation de son plan de soutien à l’automobile fin mai. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat chargé des Transports, ont présidé, jeudi 2 juillet, le premier comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité (CORAM).

Stratégie d’investissement

Créé dans le cadre du plan de soutien, le CORAM est chargé de superviser un programme stratégique d’investissement (PIA) et de valider « la feuille de route technologique de la filière automobile définissant les axes stratégiques d’investissements ». Le mot d’ordre est clair : donner un cap pour la R&D de la filière automobile française afin de « devenir dans les 10 prochaines années une des premières industries productrices de véhicules propres au monde ». A cette fin, une enveloppe de 150 millions d’euros de subventions a été provisionnée pour la seule année 2020.

Indépendance

Le comité a sélectionné 27 projets. Parmi les programmes retenus, on compte : la joint-venture entre PSA et Nidec. Objectif : étendre leur gamme de moteurs à aimants afin de couvrir toutes les applications électriques et hybrides et « s’affranchir des risques d’approvisionnement en terres rares ».

Autre axe : les batteries. Plastic Omnium va développer des batteries de 12 V et 48 V sans plomb et sans importer de lithium ni de cobalt. La société Arkema compte quant à elle mettre au point des batteries lithium-ion plus efficaces grâce à des sels d’électrolytes.

Du côté de l’hydrogène, Renault Truck veut utiliser H20 comme carburant dans des moteurs à allumage commandé pour les poids lourds. Bosch, à travers son projet Fresh, compte développer un système autonome de pile à combustible pour les groupes froids des semi-remorques. Les premiers projets débuteront dès septembre. Après une phase d’instruction approfondie des projets sélectionnés par l’Ademe et Bpifrance.

Ce coup de pouce de l’Etat est assorti de conditions, parmi lesquelles : des engagements à la relocalisation, la création de nouvelles chaînes de valeur et le maintien de l’emploi des centres de Recherche & Développement et d’ingénierie. Au total, les 27 projets représenteront environ 1 milliard d’euros. 150 millions d’euros de soutien public et le reste sous forme d’investissements privés.