Qui veut signer l’appel des coquelicots ?

Le 12 septembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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François Veillerette et Fabrice Nicolino.
François Veillerette et Fabrice Nicolino.
VLDT

Le journaliste Fabrice Nicolino et le porte-parole de Génération Future, François Veillerette, lancent une campagne visant à faire interdire l’usage des pesticides de synthèse. Ils se donnent deux ans pour réussir. Explications.


«Mais c’est une révolte ? Non, madame la présidente, c’est une révolution.» Ce dialogue imaginaire au sein de la direction de la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Fabrice Nicolino en rêve. Avec son compère  François Veillerette (porte-parole de Génération Future), le journaliste de Charlie Hebdo, ce mercredi 12 septembre, poursuit son combat contre les produits phytopharmaceutiques. Baptisée «Nous voulons des coquelicots», cette initiative n’a qu’un objectif : faire interdire, en France, l’usage des pesticides de synthèse.
5 millions de signatures
La stratégie est simple. Animé par une association, fraîchement inscrite en préfecture, un site internet reproduit l’appel «à la résistance». Les internautes convaincus pourront alors signer la pétition demandant l’interdiction des pesticides. «Notre but, c’est de recueillir, 5 millions de signatures en deux ans. De façon à établir un nouveau rapport de force entre la société et le gouvernement», explique Fabrice Nicolino. «Il ne s’agit plus de discuter, renchérit François Veillerette. Malgré des années de programmes Ecophyto, qui ont coûté des centaines de millions d’euros, la consommation de pesticides continue d’augmenter. Nous ne pouvons plus nous contenter de mesures à la marge. Il faut changer de logiciel», poursuit le responsable associatif.
24 mois de réunions publiques
Démunie, l’association a un joli tour dans son sac pour diffuser son message. A sa demande, un atelier d’insertion francilien a réalisé de jolis coquelicots en tissu recyclé à arborer à sa boutonnière. Tous les premiers vendredis du mois, 24 mois durant, les signataires de chaque ville se retrouveront aux alentours de 18h30 dans un lieu public pour échanger mais surtout tenter de convaincre leurs concitoyens de la gravité de la crise environnementale déclenchée par une utilisation générale de ces molécules toxiques.
Contamination générale
Les terres, les eaux et même l’air que nous respirons sont désormais contaminés. Et avec les milieux, les êtres vivants. Les insectes pollinisateurs (abeilles en tête) cèdent régulièrement du terrain aux molécules tueuses. Ce recul de la biodiversité aura des conséquences sur la productivité de certaines cultures, rappelait récemment la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémique (IPBES), le Giec de la biodiversité. Conséquences aggravés par le réchauffement climatique. Les espèces vivant à proximité des champs paient eux aussi leur tribut. Récemment, une étude réalisée conjointement par le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS a montré que le tiers des populations d’oiseaux évoluant dans les espaces agricoles français avait disparu en 15 ans. «Vertigineux», ce déclin n’a rien de naturel.
Charlie aussi
Cette contamination sature toute la chaîne alimentaire, humains compris. On ne compte plus les analyses de sang ou de cheveux qui montrent que nous abritons, pour la plupart d’entre nous, des traces de pesticides dans notre corps. Quinze membres de la rédaction de Charlie Hebdo se sont d’ailleurs livrés à l’exercice. Verdict livré par l’hebdomadaire : «les plus chanceux n’en ont que 34 types [de pesticides] dans le corps, contre 50 chez les moins chanceux.» Si certaines pathologies, comme la maladie de Parkinson, sont désormais attribuées à une exposition à ces produits, bon nombre de mystères sanitaires perdurent. Pour de multiples raisons.
Connaissances parcellaires
La science n’a que des connaissances très parcellaires des effets sur l’homme de l’effet cocktail, une association de plusieurs molécules. Les experts ne sont pas toujours d’accord entre eux. En témoigne la divergence de vue sur le Glyphosate entre le centre international de recherche sur le cancer (OMS) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Sans oublier, les effets non encore totalement mesurables de décennies de lobbying mené par les firmes de l’agrochimie. Le débat promet d’être intense dans les réunions des porteurs de coquelicots.



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