Qui pour lutter contre la pollution lumineuse ?

Le 27 juin 2017 par Marine Jobert
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Le dernier éteint la lumière en sortant.
Le dernier éteint la lumière en sortant.
VLDT

Ni l’Etat, ni les collectivités n’ont pris la mesure et les moyens pour lutter contre la pollution lumineuse, constate l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne.

 

Ils ont arpenté, de nuit, les rues de 13 villes de France, dressé près de 500 constats et compilé leurs observations dans un rapport, dont la 3ème édition vient d’être dévoilée par l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN). Et le résultat est mitigé: en dépit «d’améliorations notables», ces enquêteurs qui traquent les façades, les vitrines des magasins et les bureaux allumées démontrent que la situation reste «contrastée» d’une ville à l’autre. Et surtout, sans changement notable d’une année sur l’autre.

Des éclairages d’un autre siècle

Il faut dire que le suivi de la loi de la loi du 12 juillet 2010 (dite Grenelle II) n’est pas assuré. «Qu’il n’y ait, de la part de l’Etat comme des collectivités, aucune mesure prise pour effectuer le suivi de la règlementation publique, constitue de leur part une négation des différents impacts des nuisances apportées par le sur-éclairage chaque nuit, dénonce l’association. Il s’agit d’un encouragement à la poursuite d’usages de l’éclairage qui datent d’un autre siècle, en toute impunité, malgré 4 lois qui reconnaissent désormais clairement les enjeux des nuisances lumineuses pour la Nation.»

Des économies d’énergie pour les villes

Parmi les moins mauvais élèves, Lille, Nantes, Strasbourg et Toulouse. Les villes de Lyon, Paris, Montpellier et Nice présentent des situations contrastées. C’est à Bordeaux, Limoges, Marseille, Grenoble et Saint-Etienne que les progrès les plus importants restent à faire. C’est aux préfets que devrait revenir la mise en œuvre de la loi, estime l’ANPCEN, parallèlement à une mobilisation des collectivités, qui auraient un intérêt financier conséquent à appliquer la loi (économie de 25 à 75% de leur budget électricité). «Bien des prescriptions énergétiques actuelles conduisent aujourd’hui en réalité et dans la pratique à un accroissement dépassé de la lumière artificielle émise», dénonce l’association.

Un recours devant le Conseil d’Etat

En avril dernier, France Nature Environnement (FNE), l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) et la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) avaient saisi le Conseil d’Etat, pour dénoncer le fait qu’«aucun des ministres qui se sont succédé depuis le Grenelle n’a publié les arrêtés précisant les conditions d’implantation et de fonctionnement des points lumineux, la puissance lumineuse moyenne, l’efficacité lumineuse des sources utilisées.»

Car depuis 2010 et l’adoption d’un article qui vise notamment à «prévenir et limiter les dangers ou trouble excessif aux personnes et à l’environnement causés par les émissions de lumière artificielle et limiter les consommations d’énergie», l’Etat est resté étrangement passif.

Après la publication d’un décret général en 2011, un seul arrêté, consacré à l’extinction des bureaux, commerces et bâtiments (dispositions peu respectées au demeurant), a été pris, en 2013. Depuis lors, rien. «Devra t-on attendre 10 ans de plus?», interroge, agacée, l’ANPCEN.



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