Qui devra laisser ses énergies fossiles sous terre?

Le 08 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Impossible de consommer du charbon et de stabiliser le réchauffement.
Impossible de consommer du charbon et de stabiliser le réchauffement.
EarthJustice

Alors que les états préparent, pour le printemps, leur contribution à l’accord sur le climat, lequel pourrait être conclu lors du sommet de Paris de décembre, des scientifiques apportent une pierre à l’édifice.

L’objectif poursuivi par la communauté internationale est de stabiliser le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Pour y parvenir, ont calculé en 2009 des climatologues allemands, il faut limiter à un gros millier de milliards de tonnes nos rejets de CO2 entre 2011 et 2050. Au rythme actuel de consommation d’énergies fossiles, nous aurons épuisé notre budget carbone, non pas en 2050, mais plutôt vers 2030. D’où l’importance de ne pas brûler tout le pétrole, le gaz et le charbon qui sont à notre disposition.

80% des réserves de charbon

Dans leur article publié le 8 janvier par Nature, Christophe McGlade et Paul Ekins rappellent quelques ordres de grandeur utiles. Les deux chercheurs de l’University College de Londres estiment que, pour tenir l’objectif des 2°C, il faudra laisser sous terre «un tiers des réserves de pétrole, la moitié de celles de gaz et plus de 80% des réserves connues de charbon.» Impressionnant, mais pas neuf.

Comme le précisent dans leur commentaire Michael Jakob et Jérôme Hilaire (Institut pour les impacts climatiques de Postdam), la vraie nouveauté de l’article de McGlade et Ekins est de quantifier les efforts carbonifères par grandes régions du monde, en fonction de l’importance des réserves locales. Et tout le monde devra se serrer la ceinture.

Le répit du CSC

Globalement, 449 milliards de barils de brut (l’équivalent de 15 ans de production mondiale), 100.000 milliards de mètres cubes de gaz naturel et 887 milliards de tonnes de charbon devront rester dans leurs gisements. A moins, bien sûr, de développer le captage-stockage géologique de CO2 (CSC). Renvoyer sous terre une partie du CO2 produit permettrait d’accroître, respectivement, de 4%, 5% et 7% la production totale de pétrole, de gaz et de charbon.

Pour les grands producteurs, le sevrage sera sévère. Les pays du Moyen-Orient devront éviter d’exploiter près de 40% de leurs réserves d’or noir et 61% de leurs ressources en gaz. Gros producteurs et consommateurs de charbon, l’Inde et la Chine devront abandonner 77% de leurs veines de lignite ou d’anthracite. Pour les Etats-Unis, c’est encore plus simple: ils ne pourront plus du tout utiliser de charbon. Cette peine frappe aussi les pays de l’ex-bloc communiste, du Moyen-Orient ou de l’Europe. Le Canada devra se priver de 75% de son pétrole et 24% de son gaz qui assurent pourtant l’essentiel de sa croissance.

Les régions les moins développées ne seront pas épargnées. L’Afrique devra ainsi renoncer à toute extraction de gaz non conventionnel. Un coup dur pour l’Afrique du Sud qui table beaucoup sur le gaz de schiste. Les chercheurs estiment aussi qu’il faut laisser dormir dans le sous-sol les riches réverses d’hydrocarbures de l’Arctique.

 



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