Quels sont les métiers les plus exposés à l’amiante?

Le 01 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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Saisie par la Direction générale du travail, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, l’environnement, et le travail (Anses) a réalisé une synthèse des connaissances scientifiques nationales et internationale sur les expositions professionnelles à l’amiante.

Selon le document publié le 30 mai dernier, les manœuvres, les manutentionnaires, les électriciens, quels que soient leurs secteurs d’activité, sont parmi les professions «générales» les plus exposées. Basée sur différents programmes* nationaux de surveillance à l’amiante, le rapport liste aussi les métiers particulièrement concernés par ce risque et plus spécifiques comme les tôliers-chaudronniers, les soudeurs et les oxycoupeurs.

Le document de l’Anses souligne le cas particulier des métiers du bâtiment et des travaux publics clairement exposés à l’amiante. Ainsi, le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) a mis en évidence un risque important de mésothéliome pleural dans ce secteur.

En revanche, les métiers de l’administration publique (comme les ouvriers des services généraux par exemple) n’ont pas été pris en compte dans les bases de données examinées pour la synthèse.

Le rapport signale aussi que l’interdiction de l’amiante en 1996 a effectivement eu pour effet de réduire les niveaux d’exposition dans bon nombre de métiers, mais pas pour les secteurs du démantèlement et de la démolition. Dans ce secteur, les ouvriers ont été, en toute logique, beaucoup plus exposés après 1996.
 
Le document de l’Anses met l’accent sur le fait que lorsque les salariés ont exercé plusieurs métiers, il est difficile, voire impossible, de rattacher une exposition à ces fibres à un métier particulier. «Une analyse fouillée de la vie professionnelle du salarié en y intégrant les tâches exécutées permet d’être plus précis sur la caractérisation des expositions», précise le rapport de l’Anses.
 
Enfin, l’enquête internationale réalisée dans 6 pays européens (Allemagne, Espagne, Finlande, Italie, Norvège, Royaume-Uni) montre que les secteurs d’activité et les métiers exposés en Europe diffèrent peu de ce que l’on peut observer en France.
 
A noter que cet inventaire était devenu indispensable pour la reconnaissance de professions exposées à l’amiante. En effet, le dispositif de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Cataa), mis en place à partir de 1999 par les autorités publiques, nécessite que la profession exercée soit reconnue comme étant à risque élevé pour que les salariés malades soient pris en charge. Le dispositif collectif existant ouvre donc des droits à tous les salariés d’une entreprise exposée, c’est-à-dire même à des salariés dont l’exposition est faible, voire nulle. Alors que certains travailleurs, qui ont été fortement exposés, n'en bénéficient pas car leur exposition est imputable à une activité au sein d'un établissement non inscrit sur les listes du ministère.
La réforme de ce dispositif est donc en cours et s'oriente vers le croisement d'une liste d'établissements dans lesquels ont été exercées des activités particulièrement exposantes avec une liste de métiers particulièrement exposés.
 
*Programmes pris en compte pour la synthèse: Etude Ardco (Asbestos related diseases cohort), les programmes Spirale et Espri, les bases de données métrologiques Evalutil (InVS) et Fibrex (INRS), le Plan national de surveillance du mésothéliome (PNSM), plus une enquête au niveau européen.
 


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