Quels dépassements européens pour les particules fines?

Le 21 octobre 2016 par Marine Jobert
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Les essence représentent 30% du parc européen.
Les essence représentent 30% du parc européen.

La Commission concocte une réglementation sur les émissions de particules fines des véhicules à essence calquée sur les dérogations accordées au diesel. Pas satisfaisant pour la santé publique et les efforts demandés aux constructeurs, estime France Nature Environnement.

L’attention focalisée par les dépassements des seuils d’émissions de NOx en conditions réelles de circulation, on en aurait presque oublié les effets délétères des moteurs à essence. Les Echos ont pu consulter le troisième volet de la révision de la réglementation de 2007 sur les émissions polluantes et les mesures de particules fines. Le projet de texte prévoit de relever, à partir de 2018, de 50% le seuil maximal d'émission de ces particules par rapport à celui autorisé aujourd'hui. Tolérer plus d’émissions, est-ce vraiment bon pour la santé?

La liste des particules concernées a été fixée en 2007, ce qui exclut les particules les plus fines, «très dangereuses et présentes surtout dans les moteurs essence», déplore Environment&Transport.

30% au lieu de 50%

C’est que les constructeurs automobiles vont devoir bientôt abandonner les valeurs des tests obtenus en laboratoire, au profit de ceux réalisés en conditions réelles de circulation (procédure RDE). Or ceux-ci comportent des marges d’erreur, que ce relèvement de seuil est censé compenser. Interrogée par Les Echos, l’ONG bruxelloise Environment&Transport estime qu’un relèvement de 30% aurait été «plus conforme à la vraie marge d'erreur». La Commission met en avant une volonté d’aligner l’essence sur les dérogations accordées au diesel, qui bénéficie d’une marge de tolérance de 110% par rapport au plafond de la norme Euro 6. Ce seuil sera effectivement abaissé à 50% à partir de janvier 2020.

Constructeurs pas challengés

«50%, ça me paraît vraiment énorme, estime Charlotte Lepitre, coordinatrice Santé Environnement chez France Nature Environnement. Ils ont commis la même erreur qu’avec les NOx, avec des seuils beaucoup trop élevés par rapport à ce que les constructeurs sont capables de faire sur route. Ca ne va pas les inciter à faire des efforts!» La jeune femme, qui a siégé à la commission Royal sur les émissions des véhicules français, craint même que cette tolérance puisse aboutir à autoriser les constructeurs automobiles à polluer plus qu’aujourd’hui, et ce sans limitation de durée, puisque la Commission ne prévoit qu’une clause de revoyure.



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