Quelles solutions pour réduire la famine en Somalie?

Le 19 août 2011 par Geneviève De Lacour
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Les Nations unies ont évalué à un milliard de dollars (environ 694 millions d’euros) le montant de l'aide humanitaire nécessaire à la Somalie, mais la communauté internationale n'en a promis que la moitié. Selon l'Organisation des Nations unies (ONU), la sécheresse qui sévit actuellement dans la Corne de l'Afrique, la pire depuis 60 ans, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et menace 12 millions de personnes en Somalie principalement, mais aussi au Kenya, en Ethiopie, à Djibouti, au Soudan et en Ouganda.

Une réunion de l'agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) s’est donc tenue jeudi 18 août à Rome pour préparer la conférence de l'Union africaine à laquelle participeront les donateurs, le 25 août, à Addis Abeba. D’abord annoncée par le ministre français de l’agriculture, Bruno Lemaire à la fin juillet, cette dernière a été régulièrement repoussée depuis.
 
Représentants de l’ONU, des Etats membres de la FAO, du G20, de l’Union africaine et des ministres de l’agriculture de la Corne de l’Afrique, du Programme alimentaire mondial (PAM) et de nombreuses ONG ont exhorté la communauté internationale à poursuivre ses opérations de secours et ont débattu des solutions à envisager pour enrayer la crise, mais aussi éviter qu’elle ne se reproduise. 
 «Même si, aujourd'hui, nous déployons des opérations d'urgence pour sauver des vies, nous devons nous projeter plus loin et agir pour conjurer les calamités futures. Il faut dès aujourd'hui commencer à bâtir pour l'avenir… Si les gouvernements et les donateurs n'investissent pas dans l'agriculture aujourd'hui, la famine épouvantable que nous combattons actuellement nous couvrira de honte lorsqu'elle frappera à nouveau», a déclaré Jacques Diouf, le directeur général de la FAO.
 
Yukiko Omura, vice-présidente du Fonds international de développement agricole (Fida) insiste: «Il nous est impossible de maîtriser les sécheresses, mais nous pouvons enrayer la faim. Pour ce faire, nous devons investir dans les petits agriculteurs du monde et leur donner les moyens de nourrir leurs communautés et leurs familles».
 
Si la sécheresse, les conflits et l'envolée des prix des denrées alimentaires ont été les éléments déclencheurs de la crise alimentaire dans la Corne de l'Afrique, la vulnérabilité de la région s'explique par l'insuffisance de l'investissement dans l'agriculture et la gestion inadéquate des ressources naturelles.
 
Des mesures immédiates ont donc été envisagées lors des débats par les parties présentes, comme protéger le bétail survivant pour sauvegarder la sécurité alimentaire des éleveurs; sauver la prochaine campagne de semis qui démarrera en octobre, en fournissant aux agriculteurs des intrants (semences, engrais et eau pour l'irrigation) et multiplier les programmes «argent contre travail» pour permettre aux personnes d'acheter de la nourriture sur les marchés et les empêcher ainsi d'être contraintes de vendre leurs actifs de production.
 
Mais pour affronter les causes profondes de la crise, les participants font plusieurs propositions: protéger et restaurer les terres dégradées; améliorer la gestion de l'eau et développer l'irrigation (seulement 1% des terres dans la Corne de l'Afrique sont irriguées, contre 7% dans le reste de l'Afrique et 38% en Asie); améliorer les pratiques de gestion animale, végétale et des parcours des petits agriculteurs afin de les rendre moins vulnérables aux aléas et à la variabilité du climat; renforcer les services communautaires de santé animale; et identifier des options viables et acceptables en alternative aux moyens d'existence pastoraux.
 
La réunion a recommandé de poursuivre l'appui au Programme détaillé de développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA) parrainé par l'Union africaine, qui prévoitd'accroître les investissements dans le but «de promouvoir la résilience des moyens d'existence dans les zones exposées à la sécheresse». La France va envoyer un bateau destiné à l'aide humanitaire pour les populations de la Corne de l'Afrique, a indiqué le 17 août le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. Le navire doit partir de Toulon le 1er septembre et transportera 200 tonnes de denrées alimentaires vers Djibouti.
 
Le 17 août, les membres de l'Organisation de coopération islamique (OCI) se sont à leur tour engagés à fournir 350 M$ (243 M€) à la Somalie. Le montant de ces dons annoncés inclut 150 M$ (104 M€) que la Turquie a déjà collectés au cours de différentes campagnes sur son territoire. L'Iran, l'Arabie saoudite, le Soudan, le Gabon, le Qatar, le Bahreïn, l'Algérie, l'Egypte, le Kazakhstan, la Malaisie et le Sénégal ont également promis d'apporter leur contribution, selon le projet de déclaration finale.
 


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