Quelles répercussions socioéconomiques de la culture d’OGM en Europe ?

Le 18 avril 2011 par Célia Fontaine
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les retours sur les répercussions sociales et économiques de la culture des OGM sur les autres parties de la chaîne alimentaire sont donc rares, voire inexistantes.
les retours sur les répercussions sociales et économiques de la culture des OGM sur les autres parties de la chaîne alimentaire sont donc rares, voire inexistantes.

Il est très difficile de connaître la dimension socioéconomique de la gestion de la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM), du champ à l’assiette, dans l'Union européenne, selon un rapport publié le 15 avril par la Commission.

En décembre 2008, le Conseil Environnement a demandé aux Etats membres de recueillir et d'échanger des informations sur les répercussions socioéconomiques (transports, assurances, industrie alimentaire, laboratoires d’essais, emploi/modèles de travail, activités administratives, choix des consommateurs, par exemple) de la culture des OGM sur l'ensemble de la chaîne alimentaire.
 
C’est sur la base de ces informations que la Commission a préparé un rapport qui doit être présenté au Parlement européen et au Conseil.
 
D’après les contributions des Etats membres, seuls 7 pays cultivent ou ont déjà cultivé du maïs MON 810 résistant à des insectes (Bt) à des fins commerciales: l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie. La Roumanie cultivait du soja résistant aux herbicides (RH) avant d’adhérer à l’Union européenne et la culture de la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora a commencé dans trois Etats membres (l'Allemagne, la République tchèque, la Suède).
 
Le débat se concentre essentiellement sur la coexistence des cultures OGM et des cultures conventionnelles ou biologiques (contrôle de la présence accidentelle d’OGM dans les champs avoisinants, contraintes de la ségrégation des produits OGM et non OGM le long de la chaîne alimentaire humaine et animale, choix du consommateur), l’incidence sur la biodiversité, la modification des pratiques agricoles et la qualité marchande des produits. Sur presque toutes ces questions, les opinions sont très contrastées, relève la Commission.
 
«Les commentaires se sont largement focalisés sur les répercussions économiques et sociales de la culture d’OGM aux premiers stades de la chaîne d’approvisionnement alimentaire (production de semences, culture, apiculture et élevage)», peut-on lire dans le rapport.
 
Mais «les informations disponibles ont souvent des fondements statistiques ténus et reposent fréquemment sur des idées préconçues concernant la culture des OGM», précise la Commission. Ceci est dû au fait que l’UE a peu d’expérience en la matière, vu le peu de surfaces consacrées à leur culture.
 
Aujourd’hui, les retours sur les répercussions sociales et économiques de la culture des OGM sur les autres parties de la chaîne alimentaire sont donc rares, voire inexistantes.
 
Cela montre qu’il est nécessaire d’engager un débat objectif et de trouver des critères fiables sur le rôle que pourraient avoir les facteurs socioéconomiques dans la gestion de la culture des OGM dans l'Union européenne.
 
 «Il était temps. Cela fait depuis 1998 que les plantes transgéniques sont autorisées en Europe, mais la Commission a attendu 13 ans pour réaliser que la prise en compte des impacts socioéconomiques était importante et pouvait être utile à intégrer dans ses avis autorisant ou non les OGM», explique Eric Meunier, d’Inf’OGM au JDLE.
 
Les études réalisées dans des Etats membres qui ont une expérience de la culture de plantes génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides ou résistantes aux organismes nuisibles montrent que, «lorsque la pression des adventices[1] ou des nuisibles est forte, les exploitants qui cultivent des plantes RH ou Bt peuvent enregistrer un rendement plus élevé». Par exemple, en Espagne, les rendements du maïs Bt augmenteraient dans les régions infestées de pyrales, des lépidoptères ravageurs.
 
«Ces données sont à prendre avec précaution», selon Eric Meunier. «Les données espagnoles ont fait l’objet de controverse, et il existe de nombreux cas de contamination de maïs biologique par du maïs OGM que le gouvernement a préféré taire», relate-t-il.
 
Mais en dehors de l’Union européenne, les plantes résistant aux herbicides RH sont généralement cultivées par de grands exploitants. De nombreuses études indiquent une différence de rendement faible, voire nulle, entre le soja RH et le soja conventionnel.
 
Globalement, la technologie RH réduit le coût de production, mais le surcoût des semences RH atténue, ou même annule, l’effet sur la marge brute des exploitants (études réalisées aux Etats-Unis et au Canada).
 
«Des témoignages déposés à la Cour suprême des Etats-Unis révèlent l’enfer dans lequel se trouvent les exploitants qui ont utilisé des plantes tolérantes aux herbicides. N’arrivant plus à se débarrasser des mauvaises herbes avec le Roundup, ils ont dû procéder à des arrachages à la main, d’autres ont abandonné leur ferme», rappelle Eric Meunier.


[1] Mauvaise herbe : espèce végétale étrangère à la flore indigène d'un territoire dans lequel elle est accidentellement introduite et peut s'installer.
 


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