Quelles méthodologies pour les territoires à énergie positive?

Le 28 mars 2017 par Marine Jobert
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Des territoires à énergie positive.
Des territoires à énergie positive.
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Le CLER a interrogé ses adhérents sur leurs mises en œuvre de la transition énergétique.

Comment les territoires mettent-ils concrètement en œuvre la transition énergétique au niveau local? Le CLER[1] a compilé dans un rapport les retours d’expériences de 38 territoires (dont la majorité sont des communautés de communes ou des territoires de projets), engagés de longue date ou fraîchement adeptes d’une conversion parfois complexe à mettre en musique.

Suivre plusieurs dispositifs à la fois

Ce ne sont pas les possibilités d'accompagnement, d'outillage et de financement qui font défaut. Cit’Energie, Climat Pratic, outils faits maison… les solutions varient selon la taille et l’avancement du territoire. Les bureaux d’études sont présents dans une petite moitié des cas étudiés, tout comme l’assistance à maître d’ouvrage des programmes Tepos[2] régionaux. Les espaces info-énergie régionaux sont également sollicités. «Un outil plus approfondi, souple et ergonomique que Climat Pratic, permettant de suivre plusieurs dispositifs à la fois avec leurs budgets et leur calendrier, semble nécessaire», recommande le CLER.

L’Ademe en pointe

Le soutien financier et méthodologique de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) -et dans une moindre mesure des régions ou des départements- est déterminant et donne aux territoires les moyens d’animer leur démarche et de monter des projets concrets. Ainsi, 12 territoires sur 38 ont bénéficié d’un appel à projets Tepos Ademe/Région et 34 territoires sur 38 sont lauréats de l’appel à projets Territoires à énergie positive pour la croissance verte, lancé par le ministère de l’environnement en 2014, et ont reçu une enveloppe entre 500.000 et 2 millions d’euros.

Courir après les financements

Quitte à jongler entre les financements, puisque des territoires combinent jusqu’à 7 dispositifs de soutien différents, et plus de la moitié des répondants disent en associer au moins trois. «La gestion simultanée des dispositifs, en lien avec les financeurs, représente parfois une réelle difficulté pour les chargés de mission, obligés de ‘rédiger sans cesse’ pour rendre compte de leur progression, note le CLER. Ce temps n’est pas consacré à l’action concrète, à la gestion de projet sur le long terme, ni à utiliser les outils qu’on leur met à disposition.» Un besoin commun émerge: celui d’un outil global et souple de suivi des actions et de leur impact sur les objectifs climat-énergie, avec des indicateurs prédéfinis et appropriés permettant de mieux s’évaluer.

Privilégier le temps long

Autre écueil: le temps. «Les territoires les plus avancés entrent tout juste dans une phase critique de prise d’autonomie, constate le CLER. Ils restent dépendants des soutiens et peinent à concilier la mouvance constante des politiques et des financements avec les objectifs de long terme.» A ce titre, le regroupement des régions n’a pas aidé en efficacité, puisque des dispositifs engagés ont été remis en question. En outre, bien que les territoires soient dotés de moyens, d’outils et de soutiens méthodologiques à un moment donné, les conditions d’attribution et le rythme imposé par les dispositifs d’accompagnement et de financement apparaissent pour certains comme des facteurs d’insécurité et de désorganisation. «L’autre difficulté est le pas de temps très court des dispositifs (3 ans). Cela suit toujours ce modèle: on construit le projet, on recrute, on commence à bosser à la fin de la première année. On est vraiment efficace à 18 mois... On a des objectifs à long terme, mais on manque de visibilité à trois ans, et cela freine certaines actions qui ne pourraient se mettre en place que sur 6-7 ans», témoigne un répondant.

 



[1] Le CLER, réseau pour la transition énergétique, est une association agréée de protection de l’environnement créée en 1984, qui fédère près de 300 structures professionnelles et collectivités locales réparties sur l’ensemble du territoire.

[2] Tepos, pour Territoire à énergie positive.

 



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