Quelle PPE électrique?

Le 20 novembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le nucléaire continuera d'être le rouage essentiel du secteur électrique français.
Le nucléaire continuera d'être le rouage essentiel du secteur électrique français.
VLDT

 

Une semaine avant la probable présentation officielle du projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement a laissé fuiter les trois scénarios de PPE électriques sur lequel il planche. Des programmes dont la mise en œuvre est laissée aux prochaines administrations.

Sidérant! Cinq mois après la date prévue pour sa publication, la PPE est encore dans les limbes. Ce mardi 20 novembre, l’Agence France Presse (AFP) a publié une synthèse d’une note siglée METS (pour ministère de la transition écologique pour la croissance verte) concernant l’évolution des parcs nucléaires et renouvelables. Trois scénarios préparatoires sont en lice.

Scénario de Rugy

Le premier prévoit la fermeture de 14 réacteurs nucléaires (dont les deux tranches de Fessenheim) d’ici à 2035. Pour compenser ce manque à produire, 5 gigawatts (GW) de capacités renouvelables (éolien et photovoltaïque) seraient mis en chantier chaque année jusqu’en 2028; rythme qui serait accru de 10% (soit 5,5 GW/an) d’ici 2035. Résultat: le nucléaire produirait 50% de l’électricité consommée en France en 2035 (contre 72% en 2017). Les énergies renouvelables délivreraient 40% du courant consommé dès 2030 (contre 17,6%). A l’exception de Flamanville 3, la mise en service de nouveaux réacteurs n’est pas exclue, mais pas avant 2035.

scénario intermédiaire

Deuxième possibilité: fermer 12 tranches nucléaires entre 2028 et 2035, «sans indemnisation» pour EDF, précise le document. Ce qui laisse augurer d’autres compensations. L’essentiel de l’effort en équipements renouvelables est prévu entre 2028 et 2035, avec 6,5 GW/an, contre 4,7 GW/pour la période précédente (2022-2028). Là encore, pas de nouvelle centrale nucléaire connectée avant 2035. L’objectif des 40% d’électricité verte est, cette fois, atteint en 2032.

scénario EDF

Le scénario préféré d’EDF et du ministère de l’Industrie propose de fermer 9 réacteurs (en plus de ceux de Fessenheim) entre 2028 et 2035. Les 50% de production électronucléaire prévus par la loi sur la transition énergétique seraient atteints en 2040: 15 ans plus tard que l’objectif légal. Pratiquement comme le suggérait le rapport d’Escatha-Collet-Billon, EDF pourrait mettre en service 4 réacteurs EPR (en plus de celui de Flamanville), deux vers 2035 et deux autres vers 2040. Le rythme de construction d'électricité renouvelable est plus lent: 3,9 GW/an jusqu'en 2028, puis 4,9 GW/an jusqu'en 2035. L'objectif de 40% d'électricité renouvelable est atteint en 2034.

scénario optimiste

Voilà pour les grandes masses. Reste à savoir si ces scénarios sont réalistes. Le consultant Thibault Laconde a sorti sa calculette. Pour tenir les projections renouvelables du gouvernement, il faudrait produire 256 térawattheures par an en 2030 (scénario 1), 271 TWh/an en 2032 pour le scénario 2 et 275 TWh/an en 2034 (scénario 3) .

L’an passé, le parc renouvelable français a injecté 96 TWh/an, dont les deux tiers issus des centrales hydroélectriques. Il faudra cravacher. «Nous ne sommes pas du tout sur une trajectoire qui nous amène au-dessus de 250 TWh en 2030», conclut d’ailleurs le patron d’Energie et Développement.

scénario jouable

Cela n’effraie pas Jean-Louis Bal. «Mettre en service 5 GW/an de nouvelles capacités éoliennes et photovoltaïques est possible, estime le président du syndicat des énergies renouvelables (SER). A condition de publier rapidement les appels d’offres pour toute la durée de la PPE et de lever certains obstacles.»



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