Quelle bio après la présidentielle?

Le 21 mars 2012 par Stéphanie Senet
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Quel destin pour le bio ?
Quel destin pour le bio ?

A un mois du premier tour, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) s’est livrée à une analyse politique des propositions des candidats à la présidentielle sur le bio. Résultat: les objectifs du Grenelle recueillent le consensus mais la réforme de l’agriculture n’est pas encore au rendez-vous.

L’objectif du Grenelle d’atteindre 20% de la surface agricole utile (SAU) en agriculture bio à l’horizon 2020  et 20% de produits en restauration collective sera vraisemblablement maintenu par le futur gouvernement. A l’exception de la candidate du Front national pour qui le bio se résume à «une dictature», les principaux candidats (FG, EELV, PS, Modem, UMP) ont jugé que cette feuille de route serait suivie. Ils se sont exprimés en faveur d’un soutien à la politique de l’offre, afin de combler le déficit de production et de réduire les importations. Autre consensus: le développement nécessaire de la recherche et de la formation.

Derrière ce compromis, on observe toutefois des divergences profondes. Pour Eva Joly (EELV), le bio représente le levier idéal pour changer de système agricole et mettre fin au tout-chimique. Jean-Luc Mélenchon le considère comme un élément parmi d’autres pour assurer le changement de société. François Hollande (PS), François Bayrou (Modem), et Nicolas Sarkozy (UMP) se réunissent quant à eux autour d’un même slogan «Produire plus et mieux». Derrière ce slogan, le bio représente un marché porteur pour le PS, une haute technologie pour le Modem, et un objectif statistique parmi d’autres pour l’UMP. Pour ces candidats, le bio ne dépasse donc pas le rôle d’une plus-value économique (hausse de la production locale, développement de l’emploi). Ce n’est pas une remise en cause du système agricole actuel, lequel fait disparaître les fermes, réduit le nombre d’agriculteurs, crée des inégalités de revenus, capte les aides, et accuse des coûts environnementaux importants, déplore la Fnab.

La Fnab fait donc une piqûre de rappel à l’attention des candidats. Elle préconise en effet trois mesures d’urgence: déclarer les zones de captage prioritaires de l’eau «zones zéro pesticide» et construire une fiscalité préventive plutôt que réparatrice dans le cadre du 10e programme des agences de l’eau, interdire totalement la culture d’organismes génétiquement modifiés en France, et faire de l’actuel Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) un «institut technique de filière agricole», membre à part entière du réseau Acta (des filières animales et végétales), pour l’octroi de crédits publics pérennes.

Enfin, l’objectif des 2 fois 20 du Grenelle ne sera pas atteint naturellement, comme le montre le sur-place actuel (3,4% en 2011 selon l’Agence Bio). La Fnab propose donc de favoriser l’accès au foncier (nouvelles orientations à donner aux sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural, les Safer), de diriger les fonds professionnels agricoles vers le bio, et d’inscrire la conversion agro-écologique dans la réforme de la politique agricole commune (PAC). Pour les financer, l’idée est de supprimer certaines niches fiscales comme celle sur les agrocarburants.



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