Quel programme pour les électeurs britanniques?

Le 06 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En matière d'environnement, le parti de Theresa ne jure que par le Brexit.
En matière d'environnement, le parti de Theresa ne jure que par le Brexit.

Huit mois avant les élections générales, conservateurs et travaillistes ont présenté leurs projets énergétiques et environnementaux. Alors que les Tories ne jurent que par le Brexit, les socialistes esquissent un Royaume-Uni "low carbon".


Deux semaines après le parti travailliste, les conservateurs britanniques tenaient leur congrès, cette semaine à Manchester. Un rendez-vous important pour les membres de la formation de la Première ministre, Theresa May, à 8 mois d’élections générales.

Une semaine durant, les ministres Tories ont défilé devant les militants pour tester les argumentaires de la prochaine campagne. Sans surprise, deux cibles ont été particulièrement visées par les orateurs: l’Union européenne et Jeremy Corbyn, le leader socialiste.

Comme un seul homme, ministres et parlementaires ont fait feu sur Bruxelles et promis des lendemains qui chantent… après le Brexit. Haro aussi sur les travaillistes jugés incapables de négocier la rupture avec l’Union européenne et coupables de vouloir faire revenir le Royaume-Uni au bon temps de l’économie administrée des seventies.

Un curieux leadership éolien

D’environnement, il n’a pas été beaucoup question. Rapidement, Greg Clark, ministre de l’industrie et de l’énergie, s’est félicité de ce que le royaume soit l’un des leaders mondiaux de l’éolien marin, ce qu’il est effectivement. Même si aucun des principaux parcs éoliens marins n’appartient à un développeur anglais (ils sont allemands, danois, espagnols ou écossais). Même si les turbines sont exclusivement danoises ou allemandes.

Son collègue à l’environnement s’est félicité de ce que le Brexit allait permettre aux Britanniques de déterminer leur politique environnementale «pour la première fois depuis plus de 40 ans». Promettant un Brexit vert, Michael Gove annonce toutefois vouloir conserver les législations environnementales d’origine européennes, voire les renforcer. Sauf, peut-être, en ce qui concerne la gestion de la pêche et de l’agriculture.

rendre l'élevage plus humain

Pour ce fils de mareyeur écossais, la surpêche dans les eaux britanniques et la chute de la biodiversité terrestre sont incontestablement les fruits du respect des lois européennes. Préoccupé aussi par le bien-être des animaux d’élevage, l’ancien journaliste promet de rendre l’élevage «plus humain» et de limiter les exportations d’animaux vivants. La peur de manquer?

Michael Gove a confirmé la mise en œuvre prochaine d’un système de consigne pour les bouteilles en plastique. Et l’interdiction, en 2040, de la commercialisation de voitures neuves dotées d’un moteur à combustion interne.

Quinze jours plus tôt, Jeremy Corbyn s’était montré –faut-il s’en étonner?– bien plus radical. Lors du congrès de Brighton, le leader travailliste a remis au goût du jour le programme environnemental (et énergétique) du parti à la rose.

500 milliards de livres d'investissements bas carbone

Après quelques années d’hésitation, les socialistes britanniques prennent résolument le problème climatique à cœur. Promettant de reformer le ministère de l’énergie et du changement climatique (scindé en deux par Theresa May), moins d’un mois après son accession au pouvoir, Jeremy Corbyn prévoit de créer une banque publique d’investissement. Au cours de la mandature, cette BPI à l’anglaise investira 500 milliards de livres (557,3 Md€) dans le développement des technologies bas carbone, soutiendra la décarbonation de l’industrie lourde et la sortie du charbon, dès 2020.

Le gouvernement Corbyn créera un millier de coopératives chargées de développer les énergies électriques renouvelables et de vendre du courant vert aux collectivités locales les plus proches des parcs de production. Dès 2030, estime cet amateur de café équitable sud-américain, les deux tiers de l’électricité consommée par les Britanniques sera produite par des éoliennes, des barrages et des panneaux solaires. De quoi créer 300.000 emplois, affirme-t-il.

Problème majeur sur les deux rives du Channel, la précarité énergétique n’est pas oubliée. En 5 ans, le ‘manifesto’ travailliste promet la rénovation thermique de 4 millions de logements occupés par des ménages modestes. Les normes énergétiques de la construction seront durcies: 500.000 logements à ‘énergie passive’ seront construits. Beaucoup mieux que de ce côté-ci de la Manche.



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