Quel devenir pour Fukushima Dai-Ichi ?

Le 15 avril 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les temporalités des priorités de Tepco, l’exploitant de la centrale accidentée, sont multiples. A court terme, ses techniciens doivent poursuivre le refroidissement des réacteurs accidentés. Ce qui accroîtra le volume d’eau contaminée; une eau pour laquelle il faudra trouver une solution efficace, tant sur le plan de la radioprotection que de la protection de l’environnement.
 
C’est à ces deux seules conditions que l’industriel japonais pourra penser le post-catastrophe. Une nouvelle situation appelée à durer. Jeudi 14 avril, le directeur général adjoint de l’Autorité de sûreté française (ASN) rappelait qu’il fallait désormais évaluer en années le temps nécessaire à la sécurisation du site et à la décontamination des zones touchées par les retombées radioactives.
La semaine passée, Toshiba a présenté un projet de nettoyage et de démantèlement du site, censé se dérouler sur une décennie. Pas moins. Trop court, estiment des vétérans de ce genre d’opération. Les experts américains rappellent que le nettoyage de la tranche accidentée de la centrale de Three Miles Island (1979) a duré 14 ans et coûté un milliard de dollars (692,233 millions d’euros).
 
Or, à Fukushima, nous sommes dans un tout autre cas de figure. En 1979, la fonte partielle du cœur de Three Miles Island (TMI) n’avait provoqué que de très faibles rejets de radioactivité à l’extérieur de l’enceinte de confinement. A Fukushima, la surface de la zone terrestre contaminée s’étend déjà sur 1.000 kilomètres carrés, sinon plus. A Tchernobyl, dont les territoires voisins sont probablement plus fortement contaminés qu’au Japon, les travaux de nettoyage devraient être achevés en 2065: 79 ans après l’accident
!
Dès que les opérations de refroidissement des réacteurs et des piscines de la centrale japonaise seront achevées, dans quelques mois probablement, il restera à enlever les barres de combustibles mises à refroidir dans les piscines et celles qui étaient dans les cœurs des réacteurs.
 
Problème: si les piscines sont relativement accessibles depuis l’extérieur (elles sont en hauteur), tel n’est pas le cas des réacteurs. Ces derniers se trouvent sous un fatras de débris et ils sont protégés par une imposante carapace d’acier inoxydable. Une coque que les ingénieurs n’imaginent pas pouvoir enlever autrement qu’avec une puissante grue télécommandée. Un engin qu’il faudra probablement installer au-dessus des bâtiments réacteurs, en partie soufflés par des explosions d’hydrogène.
Interrogé par Nature, Jack DeVine, l’un des ingénieurs qui a dirigé le nettoyage de TMI, propose de construire plusieurs bâtiments autour des réacteurs sur les toits desquels seraient installées des grues.
 
En attendant, Tepco gère le très court terme. L’électricien a promis de verser à chacune des 50.000 familles évacuées une compensation dont le montant pourrait s’élever à un million de yens (8.300 €). Tout de même!


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