Quel avenir pour le loup en France en 2025-2030?

Le 18 novembre 2016 par Marine Jobert
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Il y a environ 300 loups en France aujourd'hui.
Il y a environ 300 loups en France aujourd'hui.
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Alors que le seuil des 100 loups tués a été atteint depuis le retour de cette espèce en France et que les chasseurs de l’Aude annoncent une battue illégale pour ce week-end, l’Etat s’essaie à la prospective sur l’avenir du carnivore à l’horizon 2025-2030.

Mener une évaluation prospective de la situation du loup en France à l’horizon 2025-2030. C’est l’objet d’une expertise collective et des trois ateliers -annoncés en juillet dernier et lancés en octobre-, que détaille la Dreal[1] Auvergne-Rhône-Alpes dans son bulletin bimestriel.

Dans une lettre ouverte, avec copie au procureur de la République de Carcassonne, l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) dénonce l’organisation par les chasseurs de l’Aude d’une battue au loup ce samedi 19 novembre. «Cette battue serait parfaitement illégale et son organisation pénalement réprimée, qu’un loup soit abattu ou non», prévient l’Aspas. La destruction d’espèces protégées en bande organisée est un délit, passible de 7 ans d'emprisonnement et de 750.000 euros d'amende.

Efficacité des mesures de protection

Le premier atelier ‘protection des troupeaux et foyers de crise’ (qui se tiendra le 7 décembre prochain) a pour objectif d’analyser des cas concrets sur plusieurs communes, plusieurs éleveurs, plusieurs attaques sur plusieurs années, à différentes échelles et différents niveaux de protection des troupeaux. L’objectif de cet atelier vise principalement à élaborer le cahier des charges d’un observatoire de l’efficacité des mesures de protection et à caractériser la protection renforcée adaptée qui pourrait être mise en œuvre au niveau des foyers d’attaque: aide humaine, conseils, crédits spécifiques, nouveaux outils de gestion, etc.

La notion de protégeabilité

Le deuxième atelier, consacré à la ‘typologie des territoires par rapport à la colonisation’, vise à cerner un nombre restreint de territoires-types, avec un focus sur les zones de colonisation. A chaque territoire sera attribué un niveau de sensibilité à la prédation, variable, et qui pourrait justifier une gestion différenciée. «Un compromis devra être trouvé entre efficacité technique maximum et soutenabilité économique pour les exploitations: c’est la notion de ‘protégeabilité’», précise la Dreal. Une notion qui peut être déclinée «à l’échelle du territoire, pour tenir compte de la capacité de la puissance publique à assurer un degré de protection plus ou moins fort de toutes les exploitations présentes».

Un suivi fin des effets des tirs sur la population de loups et sa dynamique ainsi que sur le comportement des meutes pourrait (enfin) être mené, pour en mesurer l’efficacité sur la prédation. Une récente étude avait démontré que les abattages des carnivores seraient inutiles pour la survie des troupeaux. Pire, ils accroissent les attaques dans un tiers des situations. Des bénévoles pourraient être mobilisés, pour assurer ponctuellement un gardiennage renforcé des troupeaux rencontrant un pic de prédation.

Une gestion à la gâchette

Le troisième atelier, intitulé ‘outils de gestion pour l’avenir’, portera essentiellement sur le présent, c’est-à-dire les tirs mis en œuvre, la détresse des éleveurs, l’amélioration des outils déployés. Il visera à déterminer si le protocole actuel doit être maintenu tel quel ou s’il faut intégrer une notion de gestion différenciée, avec des mesures d’intervention «plus efficaces», en tenant compte de la capacité des territoires «à supporter le loup», écrit la Dreal. L’avantage est donc clairement à la gâchette, car l’Etat affiche tout haut sa volonté: il s’agit «d’éviter l’installation de poches d’attaques importantes et récurrentes, en recherchant un compromis entre les acteurs sur l’adaptation locale du protocole d'intervention sur la population de loups». Un «compromis» qui, cet été, a donné lieu à un appel de la ministre de l'environnement à un «assouplissement du protocole dans les zones de colonisation, qui n'occulte cependant pas le respect du plafond fixé chaque année au niveau national». L’association Férus boycottera cet atelier du 9 décembre, estimant que ces «outils de gestion ne se limitent plus qu’aux tirs».

Déterminer un seuil de viabilité

Une expertise collective va en outre être lancée, avec pour but d’«objectiver les éléments scientifiques et techniques qui permettront de définir le seuil à partir duquel la population de loups nationale pourra être considérée comme viable». Cette expertise, poursuit la Dreal, devra donner également des fondements solides pour une gestion de l’espèce «dont les modalités devraient être différenciées selon les territoires, en fonction de la sensibilité des élevages à la prédation». Un travail qui sera complété par un volet sociologique sur les relations entre l’homme et le loup. La restitution des ateliers aura lieu en janvier et sera suivie d’une restitution de l’expertise collective en février, laquelle conduira à ajuster les propositions stratégiques avant qu’elles soient communiquées aux ministres.

 


[1] Dreal: Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement

 



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