Quel avenir pour le biocarburant issu de microalgues?

Le 31 mai 2010 par Geneviève De Lacour
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Culture de microalgues à l'Ifremer
Culture de microalgues à l'Ifremer
Ifremer

Réunis à l'Ambassade de Grande-Bretagne à Paris, le 25 mai dernier, les acteurs du monde des microalgues ont débattu des perspectives industrielles en matière de production bioénergétique et biochimique. Au moment où les biocarburants de première génération sont sujet à polémique, la culture des microalgues pour la production d’énergie suscite un engouement mais aussi des questions en terme d’applications industrielles.

« Le marché n’est pas encore prêt. Le coût de ces biocarburants reste trop élevé et celui du pétrole trop bas pour qu’il y ait un véritable engagement dans cette voie », déclare Marc Rousset, directeur de recherche au CNRS. Pour autant, la France explore cette possible voie de production de carburant. Dans l’Hexagone, neuf projets de recherche ont pour sujet la production de bioénergie. Le tout pour un budget total de 8,5 millions d’euros. Soit l’équivalent de 1% du budget total de l’Agence nationale de la recherche (ANR). « La moitié du budget concerne la recherche plus fondamentale alors que l’autre moitié concerne la recherche appliquée », complète Marc Rousset.

En comparaison avec les biocarburants de première génération, les microalgues présentent plusieurs avantages. D'abord la mariculture reste déconnectée du sol. Pas de compétition possible avec les productions agricoles. Ensuite, la culture des microalgues ne nécessite aucun apport d’eau douce. Enfin, le rendement énergétique de la culture des algues est cinq fois plus important que celui de l’agriculture. Pourtant comme l’a expliqué Mario Tredici, spécialiste du sujet à l’Université de Florence, « la production en grosse quantité de biofuel à partir d’algues reste illusoire! » Et Marc Rousset de préciser : « Au niveau technologique, quelques difficultés demeurent ». Même si les avantages de la mariculture sont certains, quelques problèmes devront être résolus pour que la production de carburant à base de microalgues devienne fiable.

Il faudra d'abord trouver les espèces au plus haut rendement. Car, si de nombreuses espèces ont été décrites, leur capacité à produire de l’énergie n’était pas le premier sujet de recherche des biologistes. Les microalgues qui font actuellement l’objet d’expérimentations ne sont pas forcément les plus productives ni les plus exploitées. Mais pour de nombreux participants à cette journée d'échange, la récolte demeure le facteur clé du coût trop élevé de la culture. L'une des difficultés majeure est l'extraction des lipides. Certaines algues en contiennent jusqu’à 40%. Ce qui permet, en théorie, de fabriquer des biocarburants. Autre sujet à ne pas négliger : la qualité de l’eau de mer. Celle-ci doit être régulièrement contrôlée, car la présence du moindre virus dans l’eau pourrait réduire considérablement la productivité d’une installation de microalgues énergétiques.

Les microalgues sont cultivées à plusieurs échelles, dans des bassins en circuit, des réservoirs ouverts ou dans des lacs à grande échelle. Mais pour l'instant, certains projets ont porté ombrage à cette nouvelle énergie. « Certains chiffres avancés quant à la production de biocarburant à partir des microalgues étaient erronés, complètement irréalistes », explique Mario Terdici. Ces opérations n'ont pas aidé à promouvoir le développement de cette technologie. Pourtant, Arnaud Mueller Fuega, responsable de la société Microphyt considère que si la production de microalgues à des fins alimentaires deviendra possible en 2012, la production d'énergie devrait s'industrialiser à partir de 2017. Quant à Mario Tredici, il assure que les microalgues constituent l'élément clé de la prochaine révolution verte, la seconde. Des microalgues qui, selon le chercheur italien, permettront de contribuer à la sécurité alimentaire mondiale.



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