Québec: la science au secours de la chasse au phoque

Le 03 février 2017 par Romain Loury
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Phoques et baleines, même combat
Phoques et baleines, même combat
©Oceana/Carlos Minguell

Le ministère québécois de l’environnement a mis son veto à un projet prétendument scientifique visant à abattre 1.200 phoques sur une île classée réserve naturelle. Une histoire qui n’est pas sans rappeler l’attitude du Japon quant à la chasse à la baleine, dénonce le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

Au Canada, la chasse au phoque atlantique est autorisée, avec des quotas annuels d’environ 60.000 individus. Or les chasseurs en veulent toujours plus, quitte à s’étendre dans des zones jusqu’alors interdites à la chasse. Dernier lieu en date, l’île de Brion, au Québec, une réserve naturelle au large des îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent.

Comme pour la chasse japonaise à la baleine, la science a été appelée à la rescousse. Et ce par le biais d’un projet de recherche, dont le principe était d’abattre 1.200 phoques (sur les 10.000 que compte l’île), afin d’en évaluer leur état de santé et s’assurer qu’il était compatible avec une commercialisation.

Très accessoirement, les chercheursprévoyaient de valoriser les carcasses (fourrure, viande, graisse) en les écoulant dans la filière commerciale.

Le ministère de l’environnement pas dupe

En décembre, le ministère québécois de l’environnement a refusé d’accorder son feu vert à ce projet, du fait du statut de l’île de Brion. Et ce à la grande déception de l’Association des chasseurs de phoques des îles de la Madeleine, qui ne faisait guère secret de l’intérêt avant tout commercial de ce projet de recherche.

Pour l’IFAW, «employer l’argument scientifique pour légitimer des massacres illégaux d’espèces sauvages dans des zones protégées et autoriser des individus à en tirer profit (…) relève tout bonnement d’une farce. Il n’est absolument pas nécessaire de tuer des animaux pour connaître leur état de santé. Qu’il vise les phoques, les baleines ou les éléphants, le braconnage d’espèces sauvages est un crime contre lequel il faut lutter».

A défaut de l’île de Brion, ces prétendues recherches scientifiques, financées par le ministère de l’agriculture, ont finalement pu voir le jour un peu plus loin, dans les îles de la Madeleine, une zone non protégée.



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