Que veulent les ONG?

Le 07 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les ONG sont unanimes : les Etats doivent renforcer leur contribution nationale.
Les ONG sont unanimes : les Etats doivent renforcer leur contribution nationale.
COP 22

La communauté internationale doit renforcer son ambition climatique. Et la France accélérer sa transition énergétique.

 

Une fois n’est pas coutume, les associatifs français sont contents. Pas plus que les autres acteurs de la COP 21, les représentants d’associations ne s’attendaient à une entrée en vigueur de l’Accord de Paris aussi rapide. «On ne va pas bouder notre plaisir», convient Célia Gautier, du réseau Action Climat (RAC). Sans pour autant s’endormir sur ses lauriers.

Pas sur la bonne voie

Car les associatifs comme les scientifiques le rappellent: aussi formidable soit-il, l’accord conclu à l’issue de la COP 21 ne place pas la planète sur la trajectoire des 2°C. Sans un renforcement des objectifs des contributions nationales (NDC), «les émissions prévues d’ici 2030 entraîneront une hausse des températures mondiales de 2,9 à 3,4°C», avertit le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue). «La crise climatique s’accélère, mais pas la transition énergétique», complète Célia Gautier.

Nouvelle PPE

Cette transition énergétique doit d’abord prendre corps dans le pays hôte de la COP 21. Par exemple, en appliquant la… loi sur la transition énergétique. Responsable Energie de France Nature Environnement (FNE), Fabien Veyret attend toujours une feuille de route qui détaillera comment la France réduira effectivement d’un tiers sa consommation d’énergie fossile entre 2005 et 2030 et sa production d’électricité nucléaire, ou rénovera effectivement 500.000 passoires thermiques par an.

Un doigt de fiscalité

Pour avoir valeur prescriptive, cette nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) devra être complétée par une adaptation de la fiscalité de l’énergie. Lorelei Limousin, du RAC, appelle les parlementaires -qui votent en ce moment le projet de loi de finances 2017- à revoir à la hausse la contribution Climat Energie: «La faire passer à 39 euros la tonne, dès l’an prochain, permettrait à l’Etat de lever 800 millions d’euros de recettes supplémentaires», détaille-t-elle.

Aide à l’adaptation

Décidément très sollicités, les parlementaires pourraient aussi étendre la taxe sur les transactions financières aux opérations infra-journalières. De quoi accroître de 50% le produit de la taxe (soit 1,5 milliards d’euros par an). «La moitié de cette manne pourrait financer l’aide française à l’adaptation», propose Armelle Le Comte, chargée de plaidoyer Climat et Energie d’Oxfam. 

285 centrales au charbon

L’international n’est pas oublié. Fustigeant le récent renoncement tricolore à taxer les centrales thermiques au charbon, Pierre Cannet s’interroge sur le devenir du prochain paquet Energie Climat européen. «Si la France traîne des pieds pour 4 centrales combien de temps faudra-t-il à l’Union européenne pour fermer 285 centrales?», souligne le responsable du programme Energie et Climat du WWF France. En écho, Denis Voisin craint les conséquences d’accords de libre-échange. «En facilitant l’investissement européen dans les gaz de schiste canadiens, le Ceta n’est clairement pas compatible avec la trajectoire des 2°C. Or le Ceta est le prototype de l’accord qui sera conclu entre l’Europe et les Etats-Unis», avertit le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Viser les banques

A moins, bien sûr, que le lobbying que les ONG exercent sur les banques ne porte ses fruits. Crédit Agricole, Société Générale ont juré qu’elles ne financeraient plus des centrales au charbon. Ce qui n’est pas (encore) le cas de BNP Paribas, impliqué dans des projets charbonniers en Pologne. «Et puis, il ne faut pas oublier les projets stratégiques de la Commission européenne qui sont truffés de projets gaziers», rappelle Sylvain Angerand, des Amis de la Terre.

Moralité: «Il est urgent que les pays renforcent leur contribution nationale. Car, si rien n’est fait en matière de flux financiers climatiques et de développement des énergies renouvelables, l’Accord de Paris perdra toute crédibilité», conclut Célia Gautier.



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