Que peut changer Rio+20?

Le 25 avril 2012 par Stéphanie Senet
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Brice Lalonde craint une grande conférence consensuelle
Brice Lalonde craint une grande conférence consensuelle

En vue du prochain Sommet sur le développement durable, Rio+20, le deuxième round des négociations a démarré, le 23 avril, au siège des Nations unies à New York. Les délégués ont jusqu’au 4 mai pour s’entendre sur un nouveau document, qui risque de rater son but.

 «Les précédentes négociations ont été difficiles», reconnaît Brice Lalonde, l’actuel coordinateur exécutif de Rio+20. Le «draft zero», c’est-à-dire le texte de base des négociations, s’est rapidement dilaté de 20 à 263 pages, «chaque Etat ayant voulu rajouter quelque chose». L’ancien ambassadeur français en charge des négociations sur le climat connaît la chanson. Selon ses déclarations à l’AFP, «le texte manque d’ambition» et il se dit préoccupé par le risque «d’un plus petit commun dénominateur, comme dans toutes les grandes conférences consensuelles»

Le texte, que s’est procuré le Journal de l’Environnement, révèle principalement les tensions existant entre les partisans d’une croissance verte et ceux qui souhaitent renforcer la protection de l’environnement.

On y trouve en effet la réaffirmation de principes solennels, annoncés de longue date, comme le développement de l’économie verte dans le cadre d’un développement durable et de l’éradication de la pauvreté. L’accomplissement des Objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015 est l’un des rares objectifs cités. Mais il n’est pas nouveau. Par ailleurs, à l’économie verte, qui doit respecter l’équité sociale et réduire les dégradations de l’environnement, les Japonais et les Américains ont tenu à rajouter qu’elle doit aussi respecter «le droit au développement». Un passage qu’il faudra encore négocier.

Autre passage posant problème: «Toutes les ressources doivent être gérées dans les limites de l’environnement, qu’il s’agisse de matières premières, d’énergie, d’eau, d’air, de sol, de biodiversité, de ressources marines et de déchets».

Si les actions sont encouragées au niveau local (le texte évoque le rôle central des «villes» et des «communautés locales»), tout comme les partenariats public-privé, là encore aucun exemple, ni objectif précis, ne sont cités.

De la même façon, trois zones sont identifiées au niveau géographique comme posant des défis spécifiques (les petits Etats insulaires, africains et à revenu intermédiaire) sans qu’aucune solution ne soit apportée, si ce n’est que les petits Etats insulaires auront droit à une Conférence internationale en 2014!

Même impasse possible au niveau de la gouvernance. Le projet d’Organisation mondiale de l’environnement (OME), cheval de bataille de la France, pourrait se voir retoqué. S’il est a priori défendu par une centaine de pays (dont les 27 de l’Union européenne et les 54 de l’Union africaine) les négociations réunissent au total 194 Etats. Et l’OME a plusieurs opposants de taille, comme les Etats-Unis, le Japon, la Fédération de Russie, ou le Canada.

Enfin, en termes de calendrier, des indicateurs pourraient être établis entre 2012 et 2015 pour évaluer les progrès (on aurait aimé des précisions) qui seront accomplis entre 2015 et 2030.

De quoi décevoir plus d’un acteur environnemental, à commencer par le WWF. Celui-ci affirme dans un communiqué que «le texte de synthèse propose une vision renouvelée du développement humain», mais il regrette «le manque d’objectifs clairs et d’échéanciers précis, ainsi que la faible prise en compte de l’urgence de la situation».

Des nouvelles des négociations sont attendues le 4 mai, sans trop de suspens… D’autant plus que le Sommet s’ouvrira seulement un mois plus tard, le 20 juin.

 



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