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Que faire pour la planète quand on est mort?

Le 02 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Surtout ne pas acheter de granit chinois pour orner son caveau.
Surtout ne pas acheter de granit chinois pour orner son caveau.
VLDT

Avec la généralisation de la crémation, ces dernières années, l’intensité du débat n’a fait que croître: vaut-il mieux pour le climat se faire incinérer ou inhumer?

 

Des tombereaux d’études ont été réalisées sur le sujet. Les services funéraires de la ville de Paris ont voulu en avoir le cœur net. Le gestionnaire des cimetières et des crématoriums parisiens a commandé à la société Verteego une analyse environnementale comparée des deux principaux modes de ‘traitement’ des cadavres franciliens.

Un rapport de 1 à 3

Ne faisons pas durer plus longtemps le suspense. Quel que soit le scénario (combustible utilisé, type de cercueil, transport), la crémation est quasiment à tous les coups le dispositif le plus bas carbone qui soit. En moyenne, une crémation génère 230 kilogrammes de gaz à effet de serre (GES). L’essentiel étant produit par la combustion de la quarantaine de mètres cubes de gaz naturel.

En chiffres. Une inhumation émet autant de CO2 qu’un parcours de 4.023 km effectué en voiture, contre 1.124 km pour une crémation.

Viennent ensuite les consommations imputables au crématorium et le cercueil. Pour ce dernier, préférez les modèles issus des forêts certifiées françaises qui ne soient ni peints, ni vernis. Les produits de traitement et de décoration représentent un quart du bilan carbone du cercueil (autour de 30 kg éq.CO2). Le cercueil en carton n’est pas aussi écolo qu’il en a l’air. La plupart sont construits en Asie et leur transport alourdit leur bilan carbone. De plus, leur pouvoir calorifique est moindre que celui du bois: il faut donc plus de combustible pour obtenir une crémation complète.

Performances énergétiques

Attention aussi aux performances énergétiques du crématorium: celui du cimetière du Père Lachaise (XXe arrondissement de Paris) consomme 31 m3 de gaz par crémation[1], contre 52 m3 pour celui du cimetière de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)[2].

Dans (pratiquement) tous les cas de figure, l’inhumation explose le bilan carbone de la crémation. En moyenne, mettre un mort en terre contribue au relâchement de plus de 800 kg de GES. Comment expliquer cette empreinte carbone trois plus lourde que celle de la crémation? Certes, le poids du transport est un peu plus important. Mais c’est surtout la mise en terre qui est riche en émission de GES: 730 kg éq.CO2, en moyenne.

Tout est dans le rituel

Bien sûr, tout dépend du rituel et de la richesse du monument. Un simple enterrement ‘pleine terre et sans monument’ apparaît, avec 182 kg éq.CO2, comme le dispositif le plus bas carbone qui soit. A contrario, la construction d’un monument en béton et en granit (parfois importé des antipodes) est désastreuse au plan climatique: jusqu’à 430 kg éq.CO2 à elle toute seule! Attention aussi aux étiquettes, avertit Verteego: du granit effectivement prélevé dans les carrières du Tarn peut être sculpté dans des ateliers… chinois.

 



[1] Générant ainsi 101 kg éq.CO2.

[2] Générant ainsi 169 kg éq.CO2.

 



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