Que faire du Mox japonais?

Le 22 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chargement de Mox à bord d'un navire dédié à ce type de fret.
Chargement de Mox à bord d'un navire dédié à ce type de fret.
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C’est l’une des retombées de la catastrophe de Fukushima.

À la suite de l’arrêt de la quasi-totalité du parc nucléaire nippon, depuis deux ans, les 9 exploitants des 50 réacteurs s’interrogent sur l’intérêt du combustible Mox.

Le Mox est un combustible nucléaire, composé d’uranium enrichi et de 5 à 12% de plutonium (la proportion varie en fonction du type de réacteur), deux matières fissiles issues du traitement des combustibles usés. Utilisé depuis les années 1960, ce combustible est consommé dans une trentaine de réacteurs européens (dont 22 français) et, en principe, dans une dizaine de machines japonaises.

Or, au moment où Areva s’apprête à renvoyer au Japon un chargement de Mox produit par son usine Melox de Marcoule (Gard), les électriciens japonais ne savent plus quoi faire de ce combustible.

Légalement, ces industriels doivent rendre, tous les ans, à la commission japonaise de l’énergie atomique leur programme de consommation de Mox. Cette année, le délai tombe le 31 mars. Mais, déjà, la fédération des compagnies électriques a prévenu: faute de connaître les dates de redémarrage des centrales (pas prévu, en principe avant le second semestre 2013), il ne sera pas possible d’évaluer la consommation de Mox.

Habituellement, les réacteurs japonais «brûlent» environ 3 tonnes de combustible mixte par an. Mais le stock de plutonium japonais ne cesse d’augmenter. L’usine de Tokaï produit une dizaine de tonnes de Mox par an. Cette capacité de production sera sextuplée, dès cette année, avec l’entrée en service d’une autre usine, située à Rokkasho.

A cela, il faut ajouter le plutonium déjà produit et qui attend d’être mélangé à de l’uranium. Selon les estimations de la World Nuclear Association, la totalité du stock japonais de plutonium s’élève, au moins, à 44 tonnes, dont 18 sont stockées par Areva à La Hague, et autant par la BNFL britannique à Sellafield.

Publiée en 2010, la stratégie nucléaire japonaise prévoyait que 16 à 18 réacteurs consomment du Mox, dès 2015, dont la troisième tranche de la centrale de Fukushima Dai-Ichi. Nul doute que ce programme doive être revu.



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