Que faire des résidus de pilule dans les eaux usées?

Le 25 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Les résidus de pilules contraceptives finissent dans les cours d'eau
Les résidus de pilules contraceptives finissent dans les cours d'eau

Le problème est connu depuis longtemps. Les femmes qui prennent la pilule rejettent dans leurs urines des résidus d’éthinyloestradiol (EE2). Il s’agit en fait de l'œstrogène, actif par voie orale, le plus utilisé au monde. Cette hormone synthétique, qui agit même à faible dose, est l’une des hormones rejetées dans les eaux usées par les femmes, parmi un cocktail d’hormones naturelles et synthétiques.

Or les stations d’épuration n’arrivent pas à les éliminer, ou n’ont pas l’équipement adéquat.

Résultat, ces hormones finissent leur course dans le milieu naturel. Une étude publiée en 2004 montre que 35 à 50% de l’œstrogène détecté dans les rivières est issu des pilules contraceptives.

Mais cette hormone synthétique a un réel impact sur la faune et la flore. Elle est à l’origine du phénomène de féminisation des espèces et affecte directement leur fertilité.

Sur les humains, les effets n’ont jamais pu être prouvés, bien que certaines études montrent que des concentrations élevées dans l’environnement pourraient potentiellement affecter la fertilité et la reproduction.

L’Europe envisage sérieusement l’obligation d’élimination de l’EE2 des eaux usées, mais une étude scientifique publiée le 24 mai dans la revue Nature souligne que la décision pourrait être difficile à appliquer, pour des raisons techniques mais surtout économiques.

Le gouvernement britannique, quant à lui, estime qu’éliminer l’EE2 des 1.360 stations d’épuration d’Angleterre et du pays de Galles coûterait entre 32 et 37 milliards d’euros, selon Richard Owen professeur à l’université d’Exeter (Royaume-Uni).

La filtration sur charbon actif est l’une des méthodes les plus efficace pour éliminer l’EE2. D’autres techniques plus coûteuses permettent d’abattre encore plus fortement les concentrations, et permettraient d’atteindre les valeurs de qualité que l’Europe envisage d’appliquer.

Le 6 novembre prochain, le Parlement européen devrait examiner la possibilité de renforcer les exigences de l’Europe en matière de valeurs-limites acceptables pour les rejets des stations de traitement.

Dans un contexte de crise financière, «le besoin de débat est urgent» pour régler le problème des résidus pharmaceutiques dans les eaux, affirment Richard Owen et Susan Jobling, les deux auteurs de l’étude.

 



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