Que faire des émigrés climatiques ?

Le 08 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Juristes, ONG et institutions internationales travaillent, depuis une vingtaine d’années, sur la difficile question du « réfugié environnemental ». Malgré son statut peu enviable, cet objet juridique non identifié connaît déjà un célèbre avatar : les « réfugiés climatiques ».

 

Non encore définis, ces derniers existent néanmoins. Leur première apparition date de l’automne 2005. Suite au passage des ouragans Rita et Katrina, de très nombreux sinistrés quittèrent la Nouvelle-Orléans sous les eaux. Publié il y a quelques jours, le dernier recensement montre que la capitale de Louisiane a perdu 29 % de sa population depuis 2000.

 

La littérature sur les réfugiés climatiques commence à être un genre particulier, – même si les prévisions des auteurs restent encore très disparates. Dans un rapport publié en 2005, l 'Institut pour la sécurité environnementale et humaine (ONU) estimait à une cinquantaine de millions le nombre de réfugiés climatiques d’ici 2050. Soit deux fois plus que l’évaluation faite par les Nations unies, dans un rapport daté de 2001. D’autres experts parlent de 200 millions réfugiés climatiques (Stern Review), voire d’un milliard (Christian Aid) pour la fin du siècle.

 

Compte tenu de la méconnaissance des conséquences locales des changements climatiques et du manque de données précises sur les flux migratoires, il est peu probable que ce genre d’estimation soient d’une quelconque utilité pour les décideurs.

 

Pour autant, les appels à la mobilisation se multiplient. Ce mardi 8 février, la Banque asiatique de développement (ADB, selon l’acronyme anglais) a rendu public un rapport alarmant. Reprenant à son compte les estimations les plus élevées, l’ADB rappelle que 5 des 10 cités les plus peuplées du monde sont asiatiques et maritimes. Leur population est donc directement menacée par la montée du niveau de l’océan, l’une des conséquences déjà visibles des changements climatiques. Déplorant son absence, la Banque appelle à la mise en place d’un système de coopération internationale sur le problème des réfugiés climatiques.

 

L’International Institute for Environment and Development (IIED) donne quelques pistes de travail. Rassurant, le think tank britannique annonce, dans une étude mise en ligne le 2 février, que rien ne prouve que les conséquences des changements climatiques produiront d’importants flux migratoires internationaux. S’appuyant sur des études réalisées en Bolivie, au Sénégal et en Tanzanie, Cecilia Tacoli rappelle que « les personnes fuyant des dégradations environnementales traversent rarement les frontières. » Elles préfèrent « monter » à la ville ou émigrer vers une région voisine.

 

Cette « nationalisation » du problème ne doit pas empêcher les autorités de s’y intéresser, insiste l’auteure de l’étude. Aussi, Cecilia Tacoli demande-t-elle aux gouvernements de préparer des politiques d’adaptation aux flux migratoires climatiques plutôt que de nier le problème.



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