Quand Philip Morris joue avec la science

Le 22 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Le célèbre fabricant de cigarettes a passé des dizaines d’années à chercher à savoir si les additifs de ses cigarettes étaient toxiques pour la santé des fumeurs.

 
Les scientifiques de l’université de Californie estiment que les données fournies, il y a une dizaine d’années, par Philip Morris sont opaques en matière de toxicité des produits.
 
De quoi exactement est accusée la firme américaine? L’étude réalisée en 2002 par Philip Morris et intitulée «Project Mix» a permis la publication de 4 articles scientifiques dans la revue Food and Chemical Toxicology. Toutes concluaient à l’absence de preuve de toxicité des additifs.
 
Plus de 300 substances chimiques sont utilisées comme exhausseur de goût et permettent de rendre les cigarettes plus douces et plus agréables à fumer. Le sucre est souvent ajouté sous forme de glucose, de miel ou de mélasse. Des arômes et des épices peuvent être employés pour les mêmes raisons, y compris du benzaldéhyde ou de la vanilline ou bien du gingembre, de la menthe ou de la cannelle. Les additifs les plus communs étant le cacao, le glycérol et le menthol.
 
L’étude, publiée mardi 20 décembre dans la revue PLoS Medicine par les chercheurs du centre de recherche et de contrôle sur le tabac de l’université de Californie à San Francisco, examine les données du «Project Mix» extraites de plus de 60 millions de documents fournis après contentieux.
 
En réalisant leurs propres analyses, les scientifiques californiens obtiennent pour 15 des cancérigènes étudiés, des concentrations 20% supérieures à celles publiées par le marchand de cigarettes.
 
Ils ont aussi découvert, pour des «raisons inconnues», que Philip Morris aurait oublié de souligner les résultats relatifs à 19 des 51 produits cancérigènes testés et notamment 9 substances couramment présentes dans toutes les cigarettes.
 
Pour Stanton Glantz, auteur principal de cette dernière étude, «rajouter des additifs dans les cigarettes augmente le nombre de particules fines respirées, ce qui est mauvais pour la santé puisque celles-ci favorisent les risques d’inflammation des voies respiratoires».
 
Pendant des années l’ajout d’additifs dans les cigarettes a inquiété l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’administration américaine en charge de l’alimentation et des médicaments (FDA) tout comme bon nombre d’agences nationales. Philip Morris a toujours utilisé ces 4 publications pour défendre son droit à ajouter ces additifs dans ses produits.


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