Quand PCF et CGT tancent le nucléaire

Le 24 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le chantier de Cigéo devrait durer un siècle.
Le chantier de Cigéo devrait durer un siècle.
Andra

Un fiasco. Jeudi 23 mai, en fin de journée, le président de la commission particulière sur le débat public (CPDP) donnait le coup d’envoi, à Bure (Meuse), d’un cycle de réunions d’information et de concertation sur le projet de stockage géologique de déchets nucléaires porté par l’Andra.

Baptisé Cigéo (pour centre industriel de stockage réversible profond de déchets radioactifs), ce projet est l’une des solutions retenues par le Parlement pour stocker définitivement les déchets nucléaires à haute activité et à vie longue, à 500 mètres de profondeur dans l’argile, sous la frontière séparant les départements de la Meuse et de la Haute-Marne [JDLE].

La réunion n’aura pas duré longtemps. A peine la séance ouverte par Claude Bernet, président de la CPDP, quelques dizaines d’opposants au débat présents dans la petite salle des fêtes du village de Bure interrompent la réunion. «On n'est pas venu ici pour vous entendre, mais pour vous empêcher de vous exprimer», s’écrie un premier opposant. D’autres réclament «un référendum» et «le départ des technocrates parisiens. On est chez nous! C'est pas des Parisiens qui vont décider pour nous. Dehors les technocrates! Les laquais de l'Ecole polytechnique, pas ici!», crie un troisième, alors qu'une partie de la salle scande «Halte au débat, Bure on n'en veut pas». Aux invectives succèdent rapidement les boules puantes.

A l’extérieur, les esprits s’échauffent rapidement: une centaine de manifestants ont pris position autour du bâtiment, sous la surveillance de gendarmes mobiles. A mesure que les cris fusent à l’intérieur, les opposants cernent de plus près la bâtisse avant d’en faire trembler les volets en bois.

C’en est trop pour Claude Bernet. Le président de la CPDP met un terme à la première réunion du débat public sur Cigéo, quelques minutes à peine après son commencement. Il devra quitter les lieux dans les fumigènes, protégé par les forces de l’ordre.

Dans la cohorte des opposants au projet de site de stockage de déchets nucléaires, on comptait –chose peu courante- des militants de la CGT et du parti communiste, traditionnellement favorables à l’énergie nucléaire.

Cette situation place les représentants locaux de la centrale syndicale en fâcheuse posture: la construction et l’exploitation seront créatrices d’emplois dans une région sinistrée. Résultat: «On n’est ni pour, ni contre. On est divisés», résume Claude Klein, de la CGT Meuse. La division n’explique pas tout. Opposant de longue date au projet de l’Andra, Jean-Luc Bouzon a quelques connexions avec la CGT.

Conseiller général de la Meuse PCF, Jean-Luc Bouzon est aussi candidat à la mairie de Saint-Dizier. Et visiblement, la campagne électorale a commencé.



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