Quand Madrid empêche un électricien de fermer ses centrales au charbon

Le 27 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La centrale au charbon de Lada, au coeur du différent entre Iberdrola et Madrid.
La centrale au charbon de Lada, au coeur du différent entre Iberdrola et Madrid.
B25es

Pour d’obscures raisons, le gouvernement espagnol veut empêcher Iberdrola de fermer deux centrales au charbon. Pendant ce temps, l’Europe enquête sur les aides espagnoles au charbon.

 

L’histoire pourrait faire sourire si l’enjeu climatique n’était aussi grave. Iberdrola, l’un des principaux énergéticiens espagnols, entend rapidement fermer ses deux dernières centrales au charbon. Une décision confirmée par son PDG José Ignacio Sánchez Galá, le 13 novembre dernier, lors de la COP 23.

Enquête. La Commission européenne a ouvert, lundi 27 novembre, une enquête approfondie sur les aides octroyées par l'Espagne aux centrales à charbon. Entre 2007 et 2020, les électriciens exploitants de telles centrales, dont Iberdrola, recevront 440 M€.

Bonne pour le climat, cette décarbonation du bouquet énergétique du groupe basque n’est pas du goût du gouvernement. Le ministre espagnol chargé de l’énergie vient de publier un projet de décret qui interdit de facto la fermeture des centrales de Lada (Asturies) et de Velilla (Castille-et-León). Álvaro Nadal entend ainsi préserver la diversité du mix électrique espagnol[1], la sécurité d’approvisionnement, l’emploi. Et les prix de l’électricité.

Quel impact sur les prix?

Des motivations difficilement compréhensibles. Avec une capacité totale de 874 mégawatts électriques (MWe), la fermeture des deux installations ne menace en rien l’équilibre des réseaux espagnols. Leur fermeture priverait le système électrique du royaume de moins de 1% de ses capacités de production. Pas de quoi faire valser les étiquettes de prix. A Bruxelles, la direction du climat va d’ailleurs étudier l’impact prévu de l’arrêt des deux centrales sur les prix de l’électricité.

Carbonifère. La transition énergétique est décidément à la peine en Allemagne. Le tribunal administratif de Cologne a rejeté, le 24 novembre, la requête d’une ONG environnementale. Bund voulait interdire à l’électricien RWE la poursuite de l’exploitation de la mine de lignite. Une exploitation qui implique la destruction d’une partie de la forêt de Hambach, l’une des plus vieilles d’Allemagne. Bund va interjeter appel de la décision.

De plus, comme le rappelle Euractiv, même si le prix du courant reste un peu plus élevé pour les particuliers espagnols que dans le reste de l’UE, l’Espagne est plus en surcapacité qu’en disette d’électrons. Enfin, Iberdrola s’est publiquement engagé à reclasser dans l’entreprise les 170 salariés concernés. Certains pourront être affectés au démantèlement des deux centrales, pour lequel l’électricien basque a provisionné 35 millions d’euros.

Autre motif d’incompréhension: le climat. L’Espagne, comme les 27 Etats membres de l’Union européenne, doit abattre de 40% ses émissions carbonées entre 1990 et 2030. Et Iberdrola prévoit de réduire de moitié son intensité carbone entre 2007 et 2030. Challenge incompatible avec la poursuite de l’exploitation de centrales au charbon.

 

 

 



[1] Les centrales au charbon représentent 11% des capacités de production espagnoles.

 



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