Quand les régions assurent la transition énergétique

Le 03 décembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Conseil régional de Rhône-Alpes, actionnaire majoritaire d'un fonds d'investissement pour les ENR
Le Conseil régional de Rhône-Alpes, actionnaire majoritaire d'un fonds d'investissement pour les ENR

De plus en plus, les conseils régionaux prennent des compétences énergétiques, pour développer la production ou financer la rénovation thermique des bâtiments. Exemples choisis en Rhône-Alpes et en Picardie.

On assiste bien à l’émergence d’une France à deux vitesses. A Paris, on se hâte lentement de préparer le projet de loi sur la transition énergétique, dont le Parlement sera saisi, en principe, l’année prochaine. Il y a quelques jours, un groupe de contact, présidé par Laurence Tubiana, la facilitatrice du débat national, a été créé pour faciliter la rédaction du texte. Ses premières réunions sont prévues ce mois. On est dans le tempo, ma non troppo.

 

En région, les choses avancent. Ce mardi 3 décembre, le conseil régional Rhône-Alpes lance un fonds d’investissement dédié aux énergies renouvelables «locales». Inédite, cette véritable société de capital risque accueille à son… capital la région (elle est majoritaire), la Caisse des dépôts, la Caisse d’épargne, des énergéticiens alternatifs, comme Enercoop ou la CNR, une régie municipale (Gaz et Electricité de Grenoble). Sans oublier le fonds d’investissement «citoyen» énergie partagée.

 

100 à 200 MW

 

Ensemble, ces partenaires ont réuni 10 millions d’euros qui, espèrent-ils, feront des petits. «Notre vocation, explique l’élu EELV, est d’entrer au capital d’entreprises porteuses de projets d’énergies renouvelables à hauteur de 15 à 20%. Nous espérons ainsi permettre une centaine de millions d’euros d’investissement dans les territoires Rhône-alpins.»

 

A priori, aucune source d’énergie n’est prioritaire. Toutefois, Bruno Leclair entend bien dynamiser celles qui ont, localement, besoin d’un coup de pouce: l’éolien, la méthanisation et la petite hydraulique. S’il ne se fixe pas d’objectif, l’ingénieur thermicien espère accroître, à terme, de 100 à 200 mégawatts la capacité verte régionale. Mais la production d’énergie n’est pas tout.

 

Il y a un an, jour pour jour, Rhône-Alpes lançait la première société publique locale (SPL) d’efficacité énergétique de France. Portée par 11 collectivités locales (dont la région), cette SPL se voue au financement des opérations de rénovation thermique des bâtiments de ses actionnaires. Un an après, l’activité est au rendez-vous. «2013 a été consacrée aux études et aux audits. Les trois premiers chantiers de rénovation démarreront à Bourg-en Bresse dès l’année prochaine. Ils devraient être suivis par 6 réhabilitations de lycées», se félicite Bruno Leclair.

 

Se financer à bas coût

 

La Picardie s’est inspirée de cet exemple pour engager, elle aussi, un ambitieux programme. Le 29 novembre, le conseil régional a porté sur les fonds baptismaux une régie régionale, en charge du «service public de l’efficacité énergétique». Bientôt dirigée par Vincent Pibouleu, coordinateur Actions économiques de l’Ademe picarde, cette nouvelle institution sera le fer de lance de la lutte contre la précarité énergétique.

 

Dotée de 8 M€ issus du budget régional, la régie doit aider les Picards à réaliser les travaux d’isolation de leurs logements, en proposant une prestation d’assistance à maîtrise d’ouvrage complète. «Depuis le diagnostic initial, en passant par le choix des prestataires (uniquement des entreprises générales ou des groupements d’artisans) et jusqu’à la réception des travaux», précise Vincent Pibouleu. L’objectif étant de réduire de 50% à 80% la consommation d’énergie.

 

Ciblant prioritairement les populations non éligibles à l’éco-prêt à taux zéro (EcoPTZ), la régie fera aussi le tiers investisseur. En empruntant à très bas taux (2%) 45 M€ à la Banque européenne d’investissements (BEI), l’établissement régional aidera les ménages, lâchés par leur banque, à financer leurs travaux. A charge pour ces derniers de rembourser la régie en réglant, sur une très longue durée, une contribution mensuelle proportionnelle aux économies d’énergie réalisées.

 

Au total, l’équipe de Vincent Pibouleu vise la rénovation de 2.000 logements pendant la phase de test qui s’achèvera en 2017. Ensuite, le plan Climat régional prévoit de passer à la vitesse supérieure: 10.000 logements par an, soit 300 M€ d’investissements annuels. Ce qui permettra de créer 3.500 emplois dans le secteur du bâtiment, espère-t-on à l’Hôtel de région. Ce qui permettra aussi d’alléger le montant de la facture énergétique des Picards les plus modestes.

 



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