Quand les montagnes auront soif

Le 01 juillet 2010 par Célia Fontaine
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L’Office international de l’eau (OIEau) a présenté, jeudi, l’état des lieux de l’eau en montagne lors d’une conférence de presse. Objectif : préparer le 3 e congrès international des hauts bassins versants, qui aura lieu à Megève du 22 au 24 septembre prochains. Ces états généraux tenteront d’apporter des réponses aux questions soulevées aujourd’hui par les impacts du changement climatique sur les régimes hydrauliques.

«  Pour faire face au changement climatique, une nouvelle gouvernance de l’eau s’impose » a souligné Jean-Francois Donzier, directeur général de l’OIEau.

Le constat n’est certes pas réjouissant. Aujourd’hui, les montagnes apportent une contribution essentielle aux débits de tous les grands fleuves européens : 34% du débit annuel total du Rhin, 41% de celui du Rhône, et jusqu’à 53% du débit du Pô. Entre le printemps et l’été, la fonte des neiges et des glaciers des Alpes françaises produit environ 15.000 milliards de mètres cubes par an, qui viennent en soutien d’étiage. «  Si le robinet des eaux de montagne venait à se tarir, le résultat serait catastrophique pour les régions en plaine en période de sécheresse » prévient Jean-François Donzet.

Or, les rapports du Giec, de l’Agence européenne de l’environnement, de la Commission européenne ou encore du Groupe interministériel sur l’impact du changement climatique sont tous alarmants. En un siècle, la température moyenne des Alpes a augmenté de 1,5°C à 2°C , contre 0,81°C pour le reste de la planète. Depuis 1980, les glaciers alpins ont perdu entre 20 et 30% de leur volume. Et ce n’est pas fini. D’ici à 2100, les modèles projettent une augmentation de plus de 4,5° au dessus de 1.500 mètres…

«  Si dans un premier temps, les débits glaciaires vont augmenter avec l’accélération de la fonte des glaciers, on observera ensuite, une réduction des débits au printemps et en été, puisque la neige aura déjà fondu et ne viendra plus alimenter les cours d’eau », poursuit Jean-François Donzet. Et les dégâts ne s’arrêteront pas là. Les conséquences du changement climatique en montagne toucheront également les sols : forte érosion, glissements de terrains, gros charriages de sédiments… Mais aussi dégradation de la qualité des rivières, augmentation de la température de l’eau.

La production hydroéléctrique pourrait se trouver réduite de 15%, et le refroidissement des centrales thermiques et nucléaires sera plus difficile. « L’hydroéléctricité a un rôle sur tout le réseau européen de distribution en hiver », explique Nicolas Evrard, secrétaire général de l’association européenne des élus de la montagne. «  Pour le moment, les barrages fonctionnent surtout en période de pointe, en hiver. Si l’on en vient à turbiner davantage en été pour la climatisation, comment équilibrer les tarifs de l’électricité produite ? ». Les débats sont loin d’être clos.



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