Quand les insectes résistent aux OGM

Le 01 septembre 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une nouvelle étude publiée cet été dans la revue PlosOne vient confirmer le principe de résistance d’un coléoptère ravageur à un maïs génétiquement modifié. Une mauvaise nouvelle pour les agriculteurs américains et pour le semencier Monsanto.
 
Des millions de cultures génétiquement modifiées pour produire des toxines insecticides à partir de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) sont plantées chaque année dans le monde, dans le but de réduire l’utilisation de pesticides conventionnels et de se débarrasser des nuisibles. Mais ces derniers, comme la chrysomèle du maïs (Diabrotica virgifera) ont trouvé la parade aux Etats-Unis, et appris au fil du temps à évoluer pour résister.
 
Aaron Gassmann et ses collègues chercheurs du département d'entomologie de l'université de l'Iowa ont observé en 2009 la prolifération de ces coléoptères dans des champs de maïs transgéniques plantés en 2003. Ils ont ensuite constaté que la descendance de ces chrysomèles était également résistante au maïs Bt. Il n’y a donc plus de doutes, l’OGM n’est plus efficace et les ravages dans les cultures s’amplifient doucement.
 
L’étude souligne que les insectes se sont habitués au maïs de Monsanto, qui produit une toxine appelée Cry3Bb. Ils n’ont cependant pas encore trouvé la parade pour un autre OGM, cette fois commercialisé par la société Mycogen, qui pour sa part produit la toxine Cry34/35Ab1.
 
En France, on observe de plus en plus fréquemment de chrysomèles dans les régions Alsace, Bourgogne et Rhône-Alpes. Les services de l'État ont travaillé sur la question en décembre 2010 et selon les modélisations effectuées, les populations d’insectes explosent dès lors qu’on cultive du maïs plus de deux années consécutives sur trois. C’est pourquoi les agronomes ont mis en avant la nécessité de faire des rotations de cultures.
 
Cette solution est prônée par France nature environnement (FNE), qui insiste aussi sur la nécessité de créer des zones refuges où le croisement avec des insectes non résistants permet de limiter la transmission de la résistance. «Les options génétique et chimique sont aujourd'hui impossibles et inacceptables, notamment si la France veut respecter le plan Ecophyto 2018 qu'elle s'est elle-même fixée», estime Jean-Claude Bévillard, vice-président de FNE en charge des questions agricoles dans un communiqué du 23 août. Et de poursuivre «Il n'y a donc pas d'autre solution que de mettre en place et d'amplifier les rotations culturales nécessaires dans les zones atteintes par la chrysomèle». Mais une rotation d’une année sur 6, comme le prévoit un décret, n’est pas suffisante, pour la fédération.
 
Malheureusement, l’expérience menée aux Etats-Unis autour de la rotation des cultures n’a pas donné de résultats encourageants. Le coléoptère est capable de «survivre sur du soja et de surseoir un an ou deux à la sortie de terre pour se retrouver dans son cher maïs», rapporte Le Monde dans un article du 31 août. Le quotidien rappelle que dans le Midwest, la moitié des surfaces plantées en maïs respectent les dispositions réglementaires des refuges, ce qui n’a pas empêché la résistance de s’organiser…
 
Dans d’autres pays comme en Inde, des cas similaires ont été observés avec du coton Bt. En Chine, ce même coton Bt attire des ravageurs non visés par le pesticide produit par la plante (voir le JDLE). Ce qui prouve que la technologie OGM n’a pas tout prévu et manque de recul sur beaucoup d’effets indésirables.
 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus