Quand les espèces invasives s’entraident

Le 05 janvier 2015 par Romain Loury
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Myrmica rubra
Myrmica rubra
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Qu’est-ce qui favorise la propagation d’une espèce invasive? Entre autres la présence d’une autre espèce invasive. Exemple en Amérique du Nord, où Myrmica rubra, fourmi rouge eurasiatique, favorise plus les plantes exogènes que les natives, selon une étude publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

C’est un phénomène jusqu’alors inconnu que révèle l’équipe de Megan Frederickson, du département d’écologie et de biologie de l’évolution à l’université de Toronto (Canada): deux espèces invasives sont capables de s’épauler, au détriment des espèces natives. Les chercheurs en apportent la preuve avec Myrmica rubra, introduite en Amérique du nord au début du XXème siècle.

Comme sa cousine américaine Aphaenogaster rudis, la fourmi rouge européenne disperse les graines de plantes, qu’elle utilise pour se nourrir, favorisant ainsi leur prolifération. Or c’est la grande chélidoine (Chelidonium majus), plante eurasiatique elle aussi invasive, qui semble le plus en tirer parti. Bien plus que les trois espèces végétales américaines testées par les chercheurs.

Pour montrer ceci, ils ont planté chacune des quatre espèces en milieu confiné, les mettant en présence soit de Myrmica rubra, soit d’Aphaenogaster rudis. Résultat: la fourmi européenne s’avère une meilleure «disperseuse» de graines que l’américaine, et ce quelle que soit la plante. Or seule la grande chélidoine, adaptée à Myrmica rubra et donc à un niveau élevé de dispersion, en tire avantage en matière de prolifération.

Partenaires d’invasion

«Ceci s’explique par le fait que Myrmica rubra et Chelidonium majus présentent des traits fonctionnels permettant une forte interaction entre elles: la fourmi invasive disperse plus de grains que sa cousine américaine, et la plante invasive répond plus fortement à la dispersion que les plantes natives», expliquent les chercheurs.

«La plupart des écosystèmes abritent désormais de nombreuses espèces invasives, du fait de l’activité humaine qui les disperse à travers le globe», ajoute Kirsten Prior, co-auteure de l’étude. «Le fait que la présence de plusieurs espèces invasives peut accélérer ce phénomène, entraînant leur domination dans un écosystème donné, est un signe inquiétant», conclut-elle.



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