ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

Quand les députés s’en vont en Guyane

Le 16 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
L'orpaillage sauvage menace aussi la forêt amazonienne.
L'orpaillage sauvage menace aussi la forêt amazonienne.

Des membres de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale s’inquiètent de la dégradation de l’environnement guyanais. Ils en appellent au gouvernement.

Pétrole, mine d’or, opérations Harpie, l’actualité environnementale guyanaise de ces derniers mois a été plutôt riche. Trop sans doute pour ne pas s’inquiéter des conséquences d’une hypothétique exploitation pétrolière, du développement de l’exploitation de l’or ou des ressources piscicoles.

Pour se faire une meilleure idée de la situation locale, la commission du développement durable de l’Assemblée nationale a organisé une mission sur le terrain. Du 3 au 7 décembre dernier, une demi-douzaine de députés ont rencontré les «parties prenantes» locales (autorités, ONG, représentants de Shell, membres du comité des pêches, etc.) et effectué trois visites sur site (centre spatial de Kourou, réserve des marais de Caw, parc amazonien). Bref, la tournée habituelle pour toute personne s’intéressant à la protection de l’environnement du plus grand département d’outre-mer [JDLE].

Ce mercredi 16 janvier, la commission présentait une communication sur la Guyane et les recommandations formulées par les membres de la mission. Pendant que quelques parlementaires s’échangeaient leurs portraits tirés lors de la manifestation anti «mariage pour tous», les membres de la mission ont fait leur rapport.

Après avoir rappelé l’immensité de la superficie du territoire (90.000 kilomètres carrés), Catherine Quéré a souligné sa délicate situation énergétique. «Au rythme actuel, la consommation d’énergie doublera d’ici 2030», s’inquiète la députée PS de Charente-Maritime. «Quand je vois que le carburant nécessaire aux groupes électrogènes de villes comme Saul est acheminé par avion, je considère que la Guyane doit rapidement réaliser sa transition énergétique», estime-t-elle.

Après avoir dénoncé les atteintes à l’environnement de la déforestation, Guillaume Chevrollier s’est indigné des dégâts de l’orpaillage. «Cela provoque des pollutions au mercure des cours d’eau. On estime par ailleurs que 10 tonnes d’or sont exportées illégalement, contre 1 t qui est extraite conformément à la réglementation. Soit un manque à gagner de 500 millions d’euros par an», résume le député UMP de la Mayenne.

L’ancien officier de réserve s’indigne aussi de l’incapacité des forces de l’ordre guyanaises à faire respecter la loi. Ce qui vaut d’ailleurs au ministre de l’intérieur, Manuel Valls, d’être auditionné par la commission à ce sujet, le 19 février prochain. Son collègue du redressement productif, Arnaud Montebourg devra lui aussi expliquer aux députés les raisons qui l’ont conduit à autoriser une exploitation aurifère dans une zone classée «interdite à l’activité minière» par le schéma départemental d’orientation minière (Sdom).

S’adressant à ses collègues, plus obnubilés par les écrans de leur téléphone et de leur tablette que par les problèmes de l’environnement guyanais, Chantal Berthelot a monté le ton. «Ce territoire fait partie de la Nation. Acceptez-vous qu’il soit pillé? Comment faire pour que l’exploitation de ses ressources profite à ce territoire?», tonne la députée (apparentée socialiste) de Guyane.

Vétérinaire de profession, Geneviève Gaillard a aussi rappelé les ravages du braconnage. «Il y a un trafic ordinaire de la biodiversité. Il y a nécessité absolue de lutter contre cette exploitation quotidienne de la biodiversité», s’enflamme la députée socialiste des Deux-Sèvres.

Au final, la mission fait 4 recommandations. Elle appelle les ministres des Outre-mer et de l’intérieur à s’intéresser davantage aux questions de la défense de la souveraineté nationale en Guyane. Elle propose aussi de profiter de la réforme en cours du Code minier pour «donner des outils juridiques aux forces de sécurité», renforcer la surveillance des forages off shore et mieux associer élus et populations aux décisions. La commission s’interroge aussi sur l’opportunité et la légalité du «permis Limonade» [JDLE]. Enfin, elle appelle à développer l’utilisation du bois local et du gisement d’énergie que représentent les fleuves Maroni et Oyapock.

Seules deux questions sont venues clore les débats. Lancées des rangs de l’UMP: elles concernent toutes deux l’immigration clandestine.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus