Quand les communicants imaginent le monde d’après

Le 12 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Le futur est à l'"empowerment".
Le futur est à l'"empowerment".
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Comme chaque année depuis deux décennies, l’Association communication et information pour le développement durable (Acidd) organisait son université d’été. Les 11 et 12 septembre, l’association, présidée par Gilles Berhault, a fait phosphorer communicants et scientifiques, entrepreneurs et journalistes, associatifs et représentants d’institutions sur le «monde d’après», ce XXIe siècle dans lequel nous avons tant de mal à entrer.

Dans un théâtre de Bordeaux, ces prospectivistes en herbe ont traqué, à coup de tables rondes, de «world cafés», d’ateliers de coproduction et autres show cases sur les signaux faibles envoyés par notre société, afin d’en faire la trame d’une société nouvelle, humaine, sociale et écologique.

Décrit par la consultante Carine Dartiguepeyrou, le monde dans lequel nous vivons (d’aujourd’hui ou d’hier selon les intervenants) n’est guère réjouissant: «Une société destructurée, conservatrice, qui a perdu espoir. Une société égocentrée, où l’individu, survalorisé, a pris le pas sur le collectif». Pour autant, note-t-elle, «la conscientisation de l’environnement est de plus en plus forte». Malheureusement, «le concept de développement durable n’est plus considéré comme une alternative».

Changer de paradigme

La faute à la globalisation, à l’économie-monde, aux médias, aux politiques qui sont devenus les esclaves du «court-termisme». Les communicants nous aideront-ils à changer de paradigme? C’est possible. Mais à plusieurs conditions…

D’abord, en faisant de la pédagogie de la complexité. «On sous-estime la capacité des gens à comprendre des choses complexes», a rappelé Georges Ribière, du Conseil général du développement durable. Reste à faire comprendre à ce plus grand nombre «individualisé» qu’il a tout à gagner, personnellement, à soutenir des valeurs collectives, comme la protection de la biodiversité ou l’adaptation aux changements climatiques.

Forger l’imaginaire

Cette conscientisation se fera, en partie, en changeant notre manière de nous exprimer, raboteuse d’espoir. «Il faut travailler sur le vocabulaire, ce qui permet de forger l’imaginaire», indique Richard Collin, directeur associé de Nextmodernity, un cabinet conseil en management. De fait, le concept «d’autorité» devra laisser la place à celui de «confiance». Ne dites plus «emploi» mais «activité». Ne pensez plus «éphémère» mais «durable». Ne soyez plus «discipliné», mais «audacieux».

Lawrence d’Arabie

Du passé, il faut donc faire table rase et se laisser porter par une «utopie concrète», ou ce que la journaliste Valérie Zoydo qualifie de «projet de rêve éveillé». Derrière cette formule empruntée à Lawrence d’Arabie, se cache la capacité de choisir son mode de vie, de développer sa conscience individuelle, d’être autonome au plan énergétique, alimentaire, etc. Maîtres de la concision, les Américains ont baptisé ce concept l’empowerment.

Un monde angélique

Que retenir d’un tel brainstorming? Au crédit de cette université bordelaise, la mise en réseau de personnalités enthousiastes, désireuses de faire bouger les lignes pour faire enfin entrer la société humaine dans son écosystème. Au débit, ces deux jours, riches en débats, ont accouché de nombreuses propositions plus ou moins pratiques, mais d’aucune vision de ce fameux «monde d’après», pourtant au cœur de toutes discussions. Autre critique, la discussion était essentiellement nourrie par des Français de métropole, oubliant peut-être facilement territoires ultra-marins et reste du monde.

Last but not least, la vision partagée par le plus grand nombre des intervenants avait quelque chose d’angélique. Or, comme n’a pas manqué de rappeler un intervenant, «le monde de demain, c’est aussi celui de la fin des énergies fossiles et des métaux rares, donc de l’économie numérique. Le tout avec une humanité qui aura souvent plus de 60 ans». Assurément de quoi nourrir les réflexions d’une prochaine université d’été.



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