Quand les citadins auront soif

Le 23 août 2011 par Geneviève De Lacour
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La quantité d'eau disponible par personne en Afrique diminue
La quantité d'eau disponible par personne en Afrique diminue

La Semaine internationale de l'eau (World Water Week) s'est ouverte lundi 22 août à Stockholm sur des appels à la mobilisation pour assurer un meilleur approvisionnement en eau de la population mondiale, notamment urbaine. Au même moment, l’ONU publie l’Atlas de l’eau en Afrique. L’occasion de rappeler que, d’ici 2100, un habitant sur trois habitera en Afrique et que la part urbaine de la population africaine ne cesse de croitre.

«L'eau dans le monde urbain» est le thème principal de la Semaine internationale de l'eau qui se tient dans la capitale suédoise et qui rassemble, cette année, quelque 2.500 délégués venus de 130 pays. «Plus que jamais, nous avons besoin de nouvelles technologies et de politiques» pour compenser les pénuries en eau qui frappent une proportion croissante de la population mondiale, a déclaré Gunilla Carlsson, ministre suédoise à l'aide internationale, lors de la séance d'ouverture de la conférence.

Le problème, c’est que la proportion de pauvres augmente plus dans les zones urbaines que dans les zones rurales. «Ces zones urbaines sont le foyer de 830 millions de personnes manquant souvent de services basiques en termes d'approvisionnement en eau et d'installations sanitaires», a complété la ministre.

Selon l’Institut national des études démographiques (Ined), la population mondiale devrait franchir le seuil des 7 milliards d’êtres humains en 2011. Et dans moins d'un siècle, selon les spécialistes, un habitant sur trois vivra en Afrique, contre un sur sept aujourd'hui puisque la population du continent africain (Afrique du Nord comprise) devrait quadrupler en un siècle… L'essentiel de cette croissance démographique est assurée par l'Afrique subsaharienne, une partie de la péninsule arabique et les régions allant de l'Afghanistan jusqu'au nord de l'Inde. Or, entre 2005 et 2010, la population urbaine de l'Afrique a augmenté de 3,4%, soit un taux de croissance de 1,1% supérieur à celui de la population rurale.

Le programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) a profité du World Water Week pour présenter la version francophone de son atlas de l’eau en Afrique. Selon ce document, «la croissance de la population urbaine africaine a eu lieu en grande majorité dans les taudis périurbains, la capacité des réseaux d'approvisionnement en eau a été largement dépassée, et la couverture en eau courante a globalement baissé».

Déjà publié en anglais en 2010, cet ouvrage compile des données provenant de 54 pays africains. Un document de 312 pages qui rassemble plus de 224 cartes et 104 images satellites, 500 graphiques et des centaines de photographies prises sur une période de 35 ans. Cet état des lieux présente également les futurs défis environnementaux du continent, moins connus, tels que l’érosion et l’enfoncement du delta du Nil; les déversements d’hydrocarbures dans le bassin du Niger ou les pressions exercées sur les grands châteaux d’eau d’Afrique. Comme les 100.000 hectares de la forêt de Mau, le plus grand des châteaux d’eau du Kenya, qui ont disparu sous la hache des bucherons. Le Moyen Atlas au Maroc ou les hautes terres du Lesotho font aussi partie de ces zones sources des fleuves; des régions affectées par la déforestation ou l’empiètement de l’homme.

Les spécialistes réunis à Stockholm rappellent aussi que les pénuries d’eau représentent la deuxième cause de mortalité infantile et contribuent à la mortalité des mères. «Dans le même temps, les classes moyennes se développent dans les villes, ce qui conduit à une hausse de la consommation d’eau», a complété Gunilla Carlsson.

En juillet 2010, l'Assemblée générale de l'ONU avait adopté une résolution déclarant que l'accès à une eau potable, salubre et propre est un «droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l'Homme». Toutefois, un an plus tard, «1,6 milliard de personnes vivent dans des zones déjà en proie à une pénurie d'eau et on pourrait rapidement arriver à 2 milliards si rien ne change», souligne le Pnue dans un rapport publié lundi 22 août en collaboration avec l'Institut international de gestion de l'Eau (IWMI, selon l’acronyme en anglais).

«Les préoccupations liées à l'eau en zones urbaines augmentent, et pas uniquement dans les pays en voie de développement. Regardez Londres, (voir article JDLE) qui s'est dotée d'une usine de dessalement de l'eau de mer, ou encore l'Espagne, à cause d'un climat plus dur», a déclaré à l'AFP Henri Bégorre, le président du Partenariat français pour l'eau, une plate-forme qui regroupe tous les acteurs français du secteur intervenant à l'international.

Anders Berntell, directeur exécutif de l'Institut international de l'eau de Stockholm, a dans un discours regretté que «les investissements (dans les infrastructures, ndlr) n'aient pas suivi le rythme de l'urbanisation». Selon lui, le fait que 70% du PIB mondial soient générés par les villes permet d'espérer des solutions. Mais il a aussi averti que «les stratégies à venir ne doivent pas être limitées aux villes pour éviter des tensions avec les zones rurales».

A l'issue de la Semaine, les participants publieront une déclaration destinée à apporter des idées et un soutien à la conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable, organisée par les Nations unies en juin 2012, 20 ans après le sommet de la Terre.

Le rendez-vous suédois permettra également aux participants de préparer une conférence sur l’eau, l’énergie et la nourriture, qui aura lieu à Bonn (Allemagne) en novembre 2011, et le Forum de l’eau à Marseille (France) en mars 2012.

 



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