Quand les Ch’tis diabolisent le renard

Le 06 janvier 2014 par Marine Jobert
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6.500 renards tués chaque année dans le Nord.
6.500 renards tués chaque année dans le Nord.
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Les «Ch’tis fox days» auront-ils lieu, du 17 au 23 février prochain, dans le département du Nord? Plusieurs associations de protection de la nature viennent de demander au préfet de département l’interdiction de ces journées «consacrées entièrement à la régulation du goupil sur tout le département», comme les décrit la fédération des chasseurs du 59. Des pratiques «complètement injustifiables, inutiles et violentes», estiment l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), la Ligue pour la protection des oiseaux du Nord et le rassemblement pour l’abolition de la chasse, dans un communiqué. En clair, il s’agit de procéder, par tous moyens, à la destruction du maximum de ces animaux considérés comme «nuisibles»[1].

 

Un statut qui est désormais déterminé au plan national: le ministère de l’écologie établit par décret une liste d’animaux «susceptibles de causer des dommages importants à la faune sauvage protégée ou chassable, aux récoltes agricoles ou aux espèces domestiques, [ou qui] peuvent porter atteinte à la santé ou la sécurité publique», dans laquelle les préfets de département piochent en fonction des situations locales. C’est le cas pour le renard dans le Nord. Il n’y a donc rien d’illégal dans l’appel lancé aux quelque 25.000 chasseurs, 2.000 piégeurs et autres lieutenants de louveterie du département à se lancer aux trousses de maître Renard.

 

Ce qui fait bondir les associations, c’est une «diabolisation» de l’animal qui, sous couvert de régulation, encourage une «extermination pure et simple», dénonce Yann Godeau, le président de la LPO Nord. «Que plus de 27.000 personnes pourchassent les renards dans chaque terrier, dans chaque fourrée, dans chaque champ, c’est disproportionné», explique-t-il au Journal de l’Environnement.

 

D’autant que l’animal rend des services écologiques que personne ne conteste jusqu’au plus haut sommet de l’Etat; un seul renard assure chaque année à lui seul la destruction de 6.000 à 10.000 rongeurs. «Abattre les renards coûte un lourd tribut aux agriculteurs, notamment ceux, de plus en plus nombreux, qui pratiquent le semi-direct (culture sans labour) ou ceux qui ont leurs prairies dans les départements envahis par le campagnol des champs», détaille l’Aspas. «On a des remontées des préfets, qui nous signalent que les renards peuvent en effet jouer un rôle important en cas de pullulation de rongeurs», confirmait Mireille Celdran, chef du bureau de la chasse et de la pêche en eau douce au ministère de l’écologie au JDLE en février 2013.

 

Dernier point d’achoppement: environ 6.500 renards seraient tués chaque année dans le département. Sans que l’on sache précisément combien d’animaux y vivent. «On va donc les détruire encore un peu plus sans savoir si la population est capable de le supporter, déplore Yann Godeau. Ca suffit!».

 

 


[1] Le classement nuisible peut être décidé pour 4 motifs: préservation de la santé et de la sécurité publique; protection de la flore et de la faune; prévention des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles; prévention des dommages importants à d’autres formes de propriété, sauf pour les espèces d’oiseaux.

 



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