Quand les antibiotiques renforcent l’effet de serre

Le 25 mai 2016 par Romain Loury
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Un effet sur le méthane, pas sur le CO2
Un effet sur le méthane, pas sur le CO2

Les antibiotiques favorisent les émissions de méthane des bovins, jusqu’à 80% de plus pour ceux émis par les excréments, selon une étude internationale publiée mercredi 25 mai dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

On les savait déjà en grande partie responsables de l’antibiorésistance, grave menace pour la santé publique: les antibiotiques, utilisés de manière excessive dans les élevages, seraient aussi, de manière indirecte, source de gaz à effet de serre (GES). En cause, le fait qu’ils modifient la flore intestinale des bovins, au profit des bactéries méthanogènes.

C’est ce que révèle l’étude publiée mercredi par Tobin Hammer, de l’université du Colorado à Boulder, et ses collègues suédois, finlandais et britanniques: les chercheurs ont traité 5 vaches avec l’antibiotique tétracycline -comparées à 5 autres vaches non traitées-, et ont analysé l’émission de GES par leurs excréments au fil du temps. Résultat, ceux issus du groupe antibiotiques dégagent 80% plus de méthane, un GES 25 fois plus puissant que le CO2.

Pas d’effet sur le CO2

Une analyse génétique révèle que les excréments, porteurs de la flore intestinale de l’animal, présentent bien plus de bactéries méthanogènes en cas de traitement antibiotique. Les chercheurs n’ont en revanche trouvé aucune différence en termes de CO2. Les résultats sont plus complexes en ce qui concerne le protoxyde d’azote (GES 298 fois plus puissant que le CO2): si ses émissions sont accrues en présence d’antibiotiques, elles ne le sont, pour des raisons inexpliquées, que lorsque l’excrément est colonisé par les bousiers.

Selon une autre expérience menée par les chercheurs, ces insectes verraient aussi leur flore intestinale altérée lorsque leur mets favori provient d’une vache traitée aux antibiotiques, mais sans effet notable sur leur taille, leur reproduction ou leur consommation.

Selon l’équipe, «cette étude est à notre connaissance la première à montrer que les antibiotiques accroissent les émissions de méthane. Bien que les excréments des bovins émettent en général moins de méthane que leurs éructations, ils en constituent une source importante dans les pâturages. Comme cet effet s’explique par un impact des antibiotiques sur la flore intestinale, il est probable qu’ils accroissent aussi les émissions liées à la fermentation entérique», à l’origine de l’éructation.



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