Quand le solaire australien nuit aux autres ENR

Le 28 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L’Australie a bien du mal à réduire ses considérables émissions de gaz à effet de serre. En 2009, l’île-continent a rejeté près de 440 millions de tonnes de gaz carbonique. L’empreinte carbone de chaque Australien flirte avec les 21 tonnes, l’une des plus noires de la planète. Un tel bilan n’a rien de surprenant. Le pays possède les 4e réserves mondiales de charbon. Et plus de 80 % de son électricité est produite à partir d’anthracite, de lignite et de charbon bitumineux.

 

Depuis deux ans, Canberra entend améliorer ses performances climatiques. Fin 2007, à la suite de l’accession au pouvoir des travaillistes, l’Australie a enfin ratifié le protocole de Kyoto. Et promis, avant la conférence de Copenhague de 2009, de réduire de 20 % ses émissions de GES.

 

L’un des moyens choisis est d’accroître considérablement le parc de production d’énergie utilisant les énergies renouvelables. Pour ce faire, le gouvernement s’est fixé, en août 2009, un objectif : produire 20 % des électrons aussies grâce aux ENR d’ici 2020. Pour l’atteindre, un système de certificats d’énergie verte (REC, selon l’acronyme anglais) a été mis en place. Selon le Renewable Energy Target scheme, chaque producteur d’énergie « verte », du particulier ayant installé un chauffe-eau solaire jusqu’à l’exploitant d’un parc éolien, reçoit autant de REC qu’il produit de mégawattheures décarbonés.

 

Tous les fournisseurs d’énergie doivent accroître leur portefeuille d’ENR, directement ou en achetant des certificats. Problème, un peu à l’image de ce qui s’est passé dans l’Hexagone, les Australiens ont profité de l’aubaine et installé des myriades de panneaux photovoltaïques et de chauffe-eau solaires sur le toit de leur maison. Conséquence : les prix du REC se sont effondrés. En décembre, ils étaient cotés 28 dollars australiens (21,53 euros), contre une cinquantaine, 8 mois plus tôt.

 

L’incitation n’est plus assez forte pour que les électriciens bâtissent de nouvelles capacités de production. En attendant que le prix des REC remonte, Pacific Hydro a gelé un programme éolien, doté de 1,5 milliard AUD (1,15 milliard €). De même, la coopérative sucrière Sugar Milling a prévenu qu’elle ne lancerait pas la construction d’une centrale électrique à bagasse (un résidu de la canne à sucre), tant que le prix des REC n’atteindrait pas 50 AUD.

 

Pour tenter de relancer le dispositif, le gouvernement fédéral a réformé le Renewable Energy Target scheme. Dès le 1 er janvier, les crédits générés par les petites installations (panneaux photovoltaïques individuels, chauffe-eau solaires) seront cotés sur un marché distinct de ceux produits par les grosses centrales. Reste à savoir si cela sera suffisant. En 2008, les énergies vertes ont produit 6,9 % du courant australien.  



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