Quand le réchauffement ralentit le CO2

Le 26 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les hivers doux, c'est bon pour le climat.
Les hivers doux, c'est bon pour le climat.
DR

L'hiver plus fort que les politiques climatiques.

C’est presque une bonne nouvelle. L’an passé, les émissions de CO2 anthropiques n’ont presque pas progressé. Par rapport à 2013, les rejets carbonés de nos activités ont augmenté de 0,5% dans le monde. Soit 6 fois moins que le PIB mondial, annonce un rapport de l’agence néerlandaise d’évaluation de l’environnement (PBL), mis en ligne mercredi 25 novembre. Durant la première décennie du siècle, les émissions progressaient, en moyenne, de 3% par an.

Pas de découplage

Mais n’y voyons pas trop vite les premiers signes d’un découplage de l’économie et des émissions de gaz à effet de serre. Avec un bilan total de 35,7 milliards de tonnes de CO2, le bilan 2014 est, en fait, mitigé. Certes, les trois grandes régions émettrices (Chine, Etats-Unis, Union européenne) ont réduit leur bilan carbone, respectivement de 0,9% pour Pékin et Washington, mais de 5,4% pour les Européens. A comparer aux performances d’autres pays industrialisés: Japon (-2,6%), Australie (-2,1%), Russie (-1,5%).

Mais le bilan des grands pays en développement n’est pas à la baisse: +7,8% pour l’Inde, +3,3% pour le Brésil, +3,2% pour l’Indonésie.

Comment expliquer, dès lors, la faible croissance des émissions mondiales? La progression des énergies renouvelables apporte une partie de la réponse. Entre 2004 et 2014, la part des énergies vertes dans le bouquet énergétique du monde est passée de 0,5% à 4%.

l'Empire du milieu

Malgré ses tricheries statistiques sur sa consommation de charbon[1], la Chine voit progressivement son économie des services se substituer à un secteur secondaire avide d’énergies fossiles[2]. Le taux de croissance de l’économie de l’Empire du milieu ralentit. Il devrait s’établir autour de 7% cette année, contre plus de 10% par an durant la dernière décennie. Les nouvelles centrales électriques à flammes utilisent des technologies à très haut rendement (43%), ce qui réduit d’environ 20%, à puissance égale, les émissions carbonées par rapport à des installations à faible performance (37%).

Tout cela est important, mais reste insuffisant pour expliquer les chiffres de 2014. Selon les statisticiens de PBL, seule la grande douceur de l’hiver 2014 (notamment en Europe) explique le coup de mou de la progression des rejets carbonés. Dans l’Union européenne, la consommation de combustibles de chauffage a baissé de 10% l’an passé, par rapport à 2013. Les récents chiffres de l’OMM nous l’ont peut-être fait oublier, 2014 a été l’année la plus chaude depuis l’existence de la météorologie. Et, selon toute vraisemblance, 2015 devrait prendre le relais. Une relativement bonne nouvelle pour le climat.



[1] Le niveau d’incertitude concernant la consommation de charbon chinois tourne autour de 10%.

[2] En 1990, les services apportaient le tiers du PIB chinois, contre plus de la moitié en 2015.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus