Quand le réchauffement climatique libère les polluants de l'Arctique

Le 25 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Les effets du réchauffement climatique en Arctique sont multiples. Des années après s’être déposés sur les zones septentrionales de la planète, des polluants piégés dans la glace, la neige ou les eaux froides de l’Arctique sont maintenant relargués dans l’atmosphère à la faveur de l’augmentation des températures.

Produits par l’industrie chimique depuis le milieu du 20e siècle, certains pesticides comme le DDT, le lindane et le chlordane, tout comme le polychlorobiphényle (PCB) ou l’hexachlorobenzène (HCB) qui, parce qu’ils appartiennent à la famille des polluants organiques persistants (POP), ont été transportés sur de longues distances pour se déposer à des milliers de kilomètres de leur lieu d’émission. Produits dans l’hémisphère nord, ils se sont accumulés, sous l'effet des basses températures, dans les sols et les glaces de l'Arctique. Les concentrations relevées en Antarctique sont quant à elles bien inférieures à celles du pôle nord.

La Convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004, interdit l’utilisation de ces polluants persistants. Depuis, les concentrations de POP dans l’environnement diminuaient donc.
 
Mais selon une étude réalisée par des climatologues de l’Agence de l’environnement canadien et publiée samedi 24 juillet dans la revue Nature Climate Change, il semblerait que les concentrations en POP dans l’air augmentent avec le réchauffement climatique. La quantité de substances toxiques piégées en Arctique restant inconnue, il est donc difficile de savoir quelle quantité pourrait être à nouveau mise en circulation dans l’atmosphère.
 
«Au cours des dernières décennies, la concentration dans l'air de la région arctique de plusieurs de ces substances toxiques avait diminué suite aux restrictions de production et d'utilisation», relèvent les auteurs de l’étude. Avec le réchauffement climatique entrainant la hausse des températures et le recul de la banquise, les POP stockés commencent à se volatiliser, selon Jianmin Ma (de l’Agence de l’environnement du Canada, Toronto) et ses collègues.
Les scientifiques canadiens ont analysé l'évolution des concentrations aériennes de plusieurs polluants de 1993 à 2009 dans deux stations situées dans l'archipel norvégien de Svalbard et dans le Grand Nord canadien. Tenant compte de la tendance à la baisse sur le long terme, suite aux restrictions d'usage, ils ont cherché à évaluer l'influence du changement climatique sur un éventuel relargage. Ils ont ensuite comparé leurs résultats avec des modèles informatiques simulant les effets du réchauffement du climat sur les concentrations atmosphériques de POP.
 
«Nos résultats indiquent qu'un large éventail de POP ont été relargués dans l'atmosphère de l'Arctique au cours des deux dernières décennies suite au changement climatique», résument les chercheurs. «Cela confirme que le réchauffement de l'Arctique pourrait entraver les efforts destinés à réduire l'exposition de l'homme et de l'environnement à ces produits chimiques toxiques», préviennent les auteurs de l'étude.
 
Dans un commentaire accompagnant l'article scientifique, Jordi Dachs de l'Institut espagnol de diagnostic environnemental et d'étude de l'eau (Idaea-Csic) relève que des milliers de polluants organiques persistants pourraient se comporter de façon similaire.


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