Quand le PS (re)découvre l’écologie

Le 08 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une charte éco-socialiste, moins écolo que la précédente.
Une charte éco-socialiste, moins écolo que la précédente.
PS

Samedi 6 décembre, le PS a publié une «Charte des socialistes pour le progrès humain». Dans cet opus, le parti de Jaurès introduit la notion d’éco-socialisme. Un concept déjà présent dans les principes du PS, publiés en 2008.

La direction du parti socialiste français est tellement fière de ses valeurs qu’elle ne peut s’empêcher de les rabâcher. En 2008, la rue de Solferino rappelait, dans une déclaration de principes, qu’elle portait aux nues «les idéaux de la révolution française et les luttes du mouvement ouvrier», et qu’elle considérait comme «indissociables de la République» «la liberté et la justice, l’égalité et la citoyenneté, la fraternité et la solidarité, la laïcité et la responsabilité, l’Europe et l’internationalisme».

Adapter son logiciel

Est-ce la perte de près de 12% de ses militants en un an ou la concurrence exacerbée que lui livrent les partis écologistes, quoi qu’il en soit, le PS adapte son logiciel politique à l’air du temps. Samedi 6 décembre, à l’issue d’états généraux réunis à Paris, le parti à la rose a présenté la Charte des socialistes pour le progrès humain. Une charte désormais teintée… d’éco-socialisme.

S’il ne renie pas ses valeurs traditionnelles, le parti dirigé par Jean-Christophe Cambadélis souligne toutefois que «les bouleversements à l’œuvre dans le monde impliquent que les socialistes reformulent leur conception du progrès face aux nouveaux défis que constituent le réchauffement climatique, des technologies inédites aux conséquences multiples, une nouvelle donne géopolitique, mais aussi l’affirmation d’un bloc réactionnaire et antirépublicain en France».

Modèle de développement

Pour sortir de la crise, le PS appelle à la création «d’un nouveau modèle de développement» capable de conjuguer «la reconquête du plein emploi et la prise en compte de toutes les formes de richesses, naturelles, culturelles, économiques, sociales, technologiques». Pour ce faire, «l’agro-écologie et les industries à haute valeur environnementale, gisements d’innovation et d’emplois, doivent être encouragées par la commande publique». Sera-ce suffisant?

Une charte plus audacieuse

Paradoxalement, la précédente charte (de 2008) semblait plus audacieuse que sa version upgradée. Dans son article 3, elle rappelait ainsi que «les finalités du socialisme démocratique portent pleinement la volonté de préserver notre planète aujourd’hui menacée particulièrement par les risques de changement climatique et la perte de la biodiversité, de protéger et de renouveler les ressources naturelles, de promouvoir la qualité de l’environnement. Cette nécessité demande des réponses qui ne privilégient pas la rentabilité immédiate, mais concilient l’intérêt général et les intérêts particuliers. Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes, les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités fondamentales que la promotion du progrès et la satisfaction équitable des besoins».

Trois ans après avoir été élevé au rang de principe constitutionnel, le principe de précaution y était plébiscité. Il «permet d’effectuer des choix collectifs par l’arbitrage démocratique et subordonne l’acceptabilité des risques, inséparables du développement de la science, à l’utilité des innovations et à la légitimité de leurs utilisations».

Déjà pourfendeur du capitalisme d’alors, les socialistes de 2008 militent pour «un nouveau modèle de développement, à l’échelle de la planète, qui conjugue la croissance, l’innovation, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale».

Gestion solidaire des biens publics mondiaux

Favorables au co-développement avec les pays du Sud, les héritiers de Jaurès demandent, en 2008, «une gestion solidaire des biens publics mondiaux au premier rang desquels le climat, l’eau, la bio-diversité». Leur volonté étant, à terme, de faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, œuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable.

Moins riche que sa version initiale, le logiciel environnemental du PS séduira-t-il? Pas évident. Quelques heures après la publication de la nouvelle charte socialiste, le parti de gauche rappelait les 18 principes de l’éco-socialisme, adoptés en décembre 2012. Pour la formation mélanchonienne, il s’agit d’un «projet politique réalisant la synthèse d’une écologie nécessairement anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme».

Interrogé par le JDLE, l’un des responsables de la mouvance écologiste du PS se veut philosophe: «une charte est une chose, l’application de ses principes en est une autre…».



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