Quand le patron de Nestlé fustige les agrocarburants…

Le 05 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
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Le Belge Paul Bulcke, directeur général de Nestlé
Le Belge Paul Bulcke, directeur général de Nestlé

«Pas d’aliments pour les carburants», a déclaré le patron de Nestlé, au terme de la World Water Week, la semaine mondiale de l’eau qui s’est clôturée le 30 août dernier à Stockholm (Suède). Face aux pénuries alimentaires à venir et à la raréfaction des ressources en eau, Paul Bulcke a appelé les gouvernements américains et européens à changer leurs objectifs en matière de production d’agrocarburants.

Selon le patron de la plus grande entreprise agroalimentaire du monde, «utiliser des produits alimentaires pour fabriquer des agrocarburants est une aberration». L’industriel prétend que sans une meilleure gestion de la ressource en eau, la production alimentaire pourrait se voir sévèrement limitée au cours des prochaines années.

Selon la loi américaine, en effet, 40% des récoltes de maïs doivent être destinées à la production d’éthanol. Même si, comme c’est le cas actuellement, le pays connaît une des pires sécheresses de son histoire (voir JDLE).

Mais Nestlé, qui possède 470 usines dans le monde entier et 25% du marché mondial de l’eau en bouteille, estime que l’indépendance énergétique des Etats-Unis ne doit pas se faire au détriment de l’approvisionnement alimentaire, ou s’accompagner d’une augmentation massive du prix des céréales.

L’Europe exige, quant à elle, dans un but de réduction des émissions de CO2, que 10 à 20% du carburant utilisé pour les transports provienne des agrocarburants.

«Au départ, employer des agrocarburants relevait d’une bonne intention, mais une fois informé, il faut être cohérent, déclare le patron de Nestlé avant d’ajouter: Il faut savoir dire stop. Surtout qu’il n’est pas si évident que ces agrocarburants puissent réduire les émissions de gaz carbonique.»

Pour Paul Bulcke, la pénurie d’eau sera la prochaine crise à venir. Si la ressource n’est pas mieux gérée, alors son utilisation sera sévèrement limitée. Et pour le responsable de Nestlé, la relation entre eau et nourriture parait évidente. Les Nations unies affirment que pour réussir à nourrir les 9 milliards d’êtres humains en 2050, il faudrait produire 50% d’aliments en plus. Sans eau, l’objectif sera difficile à atteindre.

Le patron de Nestlé juge que l’eau devrait avoir une valeur marchande et fustige les pertes d’eau sur les réseaux, le gaspillage d’eau dans les exploitations agricoles ou l’industrie, tout comme le gaspillage de nourriture. L’agriculture consomme 70% de l’eau utilisée dans le monde. Dans les pays en voie de développement, ce chiffre peut s’élever à 90%. Pour Paul Bulcke, le manque du précieux liquide est l’une des causes majeures de la crise alimentaire. Il affirme que «nous ne pouvons pas continuer à employer l’eau d’une manière aussi dispendieuse qu’auparavant. Avant d’ajouter: d’ici 2025, nous risquons une diminution de 30% de la production de céréales liées à des pénuries d’eau».

Confiant, le dirigeant estime néanmoins que les possibilités d’économie d’eau au niveau agricole et industriel sont encore énormes. Les besoins physiologiques de la plante sont estimés à 40-50% des apports actuels. D’autres économies sont possibles, en changeant de culture par exemple, pour des plantes moins gourmandes en eau.

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http://www.journaldelenvironnement.net/article/devenir-vegetarien-ou-l-avenir-de-l-humanite,30491



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