Quand le Mississipi sort de son lit

Le 12 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le plus grand fleuve des Etats-Unis est en crue. Et cela ne passe pas inaperçu. Dans le Tennessee, la cote est, par endroits, deux fois plus haute qu’en temps normal à pareille époque, indique le National Weather Service. Déjà, plus de 75.000 hectares de céréales ont été noyés. Du jamais vu, depuis 75 ans!

Mais le pire est peut-être à venir. Car, à mesure que l’eau descend vers le golfe du Mexique, la Louisiane craint d’être noyée. En se basant sur les cartes des anciennes crues du fleuve, le gouverneur de l’Etat annonce déjà que 1,5 million ha pourraient disparaître sous les eaux.

Pour éviter l’ennoyage de la Nouvelle Orléans, le corps des ingénieurs de l’armée américaine pourrait décider d’ouvrir les vannes de la digue de Morganza. Ce qui permettrait de détourner une partie du fleuve vers une zone humide vide d’activités humaines.

Réglementairement, les vannes doivent être ouvertes dès que le débit instantané du fleuve dépasse les 42.000 mètres cubes par seconde (76 fois le débit de la Seine à Paris!). Or, selon les dernières mesures, le débit du Mississipi flirte avec les 39.000 m3/s.

Outre stopper la navigation, noyer des terres et menacer les villes, la crue du fleuve fait grimper les prix du… pétrole. Rien qu’entre Bâton Rouge et la Nouvelle Orléans, on compte 11 raffineries qui fournissent 13% des produits pétroliers américains. L’une d’entre elle a réduit de 80% son activité, faisant craindre une possible pénurie.

La production d’électricité pourrait être perturbée dans certaines régions. Car les péniches transportant le charbon des centrales électriques ne peuvent plus remonter jusqu’au Tennessee. La centrale au gaz de Baxter Wilson a entièrement été entourée d’un mur de sacs de sable pour la maintenir au sec, avec succès jusqu’à présent.

Ces crues exceptionnelles sont aussi l’occasion de critiquer l’actuelle gestion du fleuve par le corps des ingénieurs de l’armée. Car, selon les projections climatiques, la région pourrait connaître à l’avenir de fréquents événements comparables.

Aussi, nombre de scientifiques recommandent de changer de tactique vis-à-vis des crues. Et de privilégier, sur le modèle néerlandais, les déversements contrôlées dans des espaces naturels plutôt qu’un coûteux endiguement.

 
http://www.srh.noaa.gov/images/rtimages/meg/graphic/mainriverstages.png
 


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