Quand la migration urbaine purifie l’air

Le 21 juillet 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
70% de population urbaine en 2030
70% de population urbaine en 2030
DR

Malgré ses villes parmi les polluées au monde, la qualité de l’air s’est, contre toute attente, globalement améliorée depuis 30 ans en Chine, révèle une étude publiée jeudi 20 juillet dans la revue Science Advances. Ce phénomène serait lié à l’intense migration urbaine des dernières décennies, avec la présence en ville d’énergies plus propres qu’à la campagne.

La population urbaine a explosé en Chine, passant de 19,4% en 1980 à 53,7% en 2013. Selon les projections, elle pourrait atteindre 70% en 2030. Pour les personnes ayant élu domicile dans une ville comme Pékin ou Shanghai, cela signifie s’exposer à un air urbain hautement pollué, avec des conséquences sanitaires a priori très néfastes.

Or les choses ne sont pas si simples, comme le révèle l’équipe de Shuqing Zhao, de l’université de Pékin, dans son étude. Car une fois installés en ville, ces nouveaux urbains adoptent un mix énergétique bien plus propre qu’à la campagne, abandonnant le charbon et la biomasse pour se tourner vers le gaz et le chauffage central. En 2013, 63% de la population chinoise en était équipé, contre seulement 5% en 1980.

440.000 décès épargnés depuis 1980

Bilan: la qualité de l’air n’est certes pas fameuse en ville, mais elle s’est globalement améliorée sur le pays. Entre 1980 et 2013, la concentration nationale de particules fines PM2,5, liées à l’utilisation domestique et au transport, a ainsi diminué de 3,9 µg/m3 du seul fait de la migration urbaine: elle était de 58,6 µg/m3 en 2010, alors qu’elle aurait été de 62,5 µg/m3 sans l’émigration urbaine. Selon les chercheurs, 440.000 décès ont ainsi été évités sur cette période.

Frappées d’un exode massif, les zones rurales dégagent bien moins de PM2,5, de l’ordre de 2,8 mégatonnes de moins par an en 2010 qu’en 1980. A l’inverse, les villes en dégagent plus (+0,5 Mt/an). Pourtant, l’exposition moyenne des citadins aux PM2,5 est en baisse, grâce à une moindre densité urbaine –elle-même liée au développement économique, qui a favorisé un habitat moins serré. Seules des villes de la taille de Pékin et Shanghai, dont l’étalement urbain ne parvient pas à juguler l’immigration,  voient leur teneur en PM2,5 augmenter.

Selon les chercheurs, ce phénomène, qui pourrait toucher d’autres pays à forte croissance urbaine, devrait se poursuivre au cours des prochaines années: du fait d’une population plus urbaine, d’un mix énergétique plus propre et d’un étalement des villes (qui pourraient couvrir 3% du territoire national en 2030, contre 1,7% en 2013 et 0,4% en 1980), la concentration en PM2,5 pourrait diminuer de 8,8 µg/m3 d’ici 2030 en Chine.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus